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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

qui est d’une si faible étendue relative. Il est à remarquer qu’au large dela ville d’Ourmiali le lac s’abaisse de la rive occidentale à la rive orien-tale par une succession de cinq plateaux d’une régularité parfaite : d’a-bord, la sonde marque uniformément un mètre, puis deux mètres et demi,et successivement quatre, six et sept mètres. En certains endroits, les rivesmarécageuses sc continuent au loin par des fonds à peine immergés de quel-ques centimètres. Plus de cinquante îles et récifs sc dressent au-dessusde l’eau, et dans le nombre il en est trois, l’ilc des Chevaux, l’île des Mou-lons et Pile des Anes, qui sont assez grandes pour que les riverains lesutilisent comme terres de culture et de pâturages. L’eau du lac d’Our-miab est plus saline et plus riebe en iode que celle de la mer, plus mêmeque celle de la mer Morte : les nageurs ne peuvent y plonger et leur corpssc recouvre aussitôt d’une couclie de sel brillant au soleil comme la pous-sière de diamant; d’après Wagner, les bains pris dans celte eau saline etiodurée seraient souverains pour la guérison de diverses maladies; tandisque Peau de l’Océan ne contient en sels qu’un trentième de son poids, lelac d’Ourmiah en donne un cinquième 1 . Dès que le vent souffle, une écumesalée se forme en grandes nappes à la surface de l’eau ; sur les vases desbords, le sel se dépose en dalles de plusieurs décimètres d’épaisseur, ayanten certains endroits cinq et six kilomètres de large. Les habitants de lacontrée pourraient à leur aise venir y faire leur provision de sel commeen carrière; dans les endroits où le bord est facilement accessible, ilsont établi des salines semblables à celles des plages méditerranéennes;mais en général ils préfèrent le sel gemme des montagnes voisines, plusfacile à obtenir cl d’une plus grande pureté. Aucun poisson, aucune espècede mollusque ne vit dans les eaux du lac, mais on y voit par myriades depetits crustacés à queue fine, constituant une espèce particulière 2 ; ils ser-vent de nourriture à des cygnes et à d’autres oiseaux qui viennent s’abattreen bandes sur le lac. On y trouve aussi des espèces d’insectes qui n’exis-tent point ailleurs, et une llorc saline spéciale est née dans les vases quibordent les rivages et qui rendent presque tout le pourtour du lac absolu-ment inabordable. Ces masses limoneuses, noirâtres ou d’un vert sombre,offrant parfois des reflets métalliques et répandant une odeur infecte,occupent une large zone au bord du lac et se continuent au-dessous de lasurface jusqu’à une grande distance : elles renferment de la magnésie,du fer, ainsi qu’une très forte proportion de débris organiques; les résidus

1 Poids spécifique de l’eau du lac d’Ourmiah : 1,1555.

(Hitchcock; —Loftus, Quarlerly Journal ofthe Geological Society, aug. 1, 1855.)

s Moritz AVagner, Reise nach Persien und dem Lande der Kurden.