LAC NI RIS, FLORE DE LA l'ERSE.
187
un fait remarquable, que les auteurs anciens ne parlent pas de ce lac,pourtant situé dans une des régions les plus célèbres et les plus commer-çantes du monde antique, lbn Ilaukal est le premier qui le mentionne, audixième siècle, et depuis cette époque tous' les géographes en ont parlé 1 .11 est probable qu’autrefois, lorsque le pays était couvert de cités et decultures, les eaux qui s’échappent des gorges de montagnes étaient utili-sées jusqu’à la dernière goutte : il n’en restait plus pour s’étaler en maré-cage dans la plaine maintenant inondée. D’ailleurs, quand même un coursd’eau eût serpenté dans le fond de la vallée, il suffisait d’un léger exhaus-sement du sol, d’un éboulis ou de la formation d’un talus de terres allu-viales dans la partie inférieure du bassin pour faire naître le lac.
Comme lieu de passage entre l’orient de l’Asie et le monde occidental, laPerse présente naturellement, suivant l’altitude, l’humidité, le climat spé-cial de ses différentes régions, froid sur les plateaux, brûlant sur le litto-ral de l’océan des Indes , les plantes et les animaux appartenant à faireturkmène, à celles de l’Afghanistan , de l’Arabie ou du Caucase. La Perseest le pays des contrastes. Les forêts du Gbilan et du Mazandcran avec leursarbres entourés de lianes et les gazons fleuris de leurs clairières semblentappartenir à un autre monde que les ^ " aux salins, où se montre de dis-tance en distance quelque broussaille grise. Là, même dans les temps pré-historiques, il n’y eut point de forêts; le cultivateur n’a point eu à déboiser-le sol, comme en tant d’autres contrées : c’est au contraire à son industrieque sont dus les vergers entourant les villes de leur ceinture verdoyante*.Même en ne considérant que les régions fertiles de la Perse, celles-ci offrentune singulière différence dans l’aspect de leurs flores, car toutes ces con-trées à sol fécond sont en même temps des pays montueux et les airesvégétales s’y entrecroisent en mille détours, causés en même temps par lasuccession des cotes d’altitude et des lignes de latitude. Toutes les hauteurssont comme autant d’iles dont le sommet est habité par les espèces desrégions plus froides; l’inégalité du relief parsème la contrée de flores insu-laires et l’on ne peut indiquer que d’une manière toute générale les limitesdes aires comme formées par des lignes continues. Dans le nord de la Perse,le blé se cultive jusqu’à 2720 mètres sur les pentes des montagnes; lesrizières occupent des bas-fonds, dans le voisinage du lac d’Ourmiah , à plusde 1250 mètres ; dans cette partie de l’Azcrbeïdjan, les figuiers sont rareset ne croissent que dans les endroits abrités, tandis que la vigne prospère
1 Ouselev, Travels in the East; — Cari Ritler, Asien , vol. VIII.
5 M. Dieulafov, Notes manuscrites.