TURKMÈNES, KOURDES, LOl'RI, R AK 1ITYARÏ.
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Khorassan, jusqu’aux limites du désert, ou rencontre des campements etdes villages de Turkmènes, descendants des coureurs de la steppe. De nosjours, l'immigration continue, mais sous une forme pacifique : les mar-chés d'esclaves à Kliiva et à Iiokhara sont fermés, la guerre a cessé surles frontières, que surveillent les sentinelles russes , et, devenues inutiles,les tours de défense des montagnes bordières tombent en ruine 1 .
Les populations kourdes qui vivent au nord-ouest et à l’ouest du terri-toire persan ressemblent aux Turkmènes par la bravoure et les mœurs guer-rières, mais elles n’apparliennent point à la même race. Occupant en Perse,dans la Transcaucasie russe, et dans l’Arménie turque presque toute larégion laitière et dispersés autour de ce massif central en de nombreuxarchipels et en ilôts, les Kourdes ne sont point constitués en nation ; maisc’est sur le territoire turc qu’ils sont en plus grand nombre et que viventleurs tribus les plus puissantes, ayant le mieux conscience de leur impor-tance politique. Les Kourdes des montagnes du Zab, du Tigre et de l’Eu-phrate , en dehors de la Perse, forment le point d’appui de la race entière,à l’exception des tribus que le gouvernement iranien a établies de force prèsdu golfe Persique , dans les montagnes bordières du Kopct dagli, ou mêmeau milieu des Baloutches du sud-est. 11 est aussi des populations que l’ondoit considérer comme appartenant au groupe ethnique des Kourdes,quoiqu'elles n’en portent pas le nom. Tels sont les Louri, d’après lesquelsa été appelée la province du Lourislan, embrassant les vallées du haut bas-sin de la Kerkha; leur nom est ; ^ i ’ ' arlois à tous les nomades de la
Perse. La langue des Louri diffère assez de celle des Kourdes pour consti-tuer un dialecte spécial, et ils se croiraient insultés si on les confondaitavec les Kourdes, plus souvent désignés par eux sous le nom de Lek.Ceux-ci, les aborigènes, auraient tardé à se convertir au mahométisme,tandis que les Louri, dès les premiers temps de l’Islam , avaient accepté lafoi des conquérants*arabes*. Leur principale tribu, qui est en même tempsla plus importante de la Perse entière par la cohésion de ses clans, estcelle des Feïli, qui habite le haut bassin du Karoun, en amont de Clious-ter et de Dizfoul; d’après Moricr, elle comprendrait cent mille tentes; sonorganisation est toute féodale. Quelques clans des Louri portent des nomsd’animaux comme les tribus de Peaux-Ilouges : ils se disent Corbeaux,Pieds-Jaunes, Jambes-de-Loup.
Les tribus qui, avec celles des Kourdes et des Louri, ont le mieux conservé