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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

leur type et leurs coutumes sont les Bakhtyari, c’est-à-dire les « Heureux »ou les « Vaillants », du Lourislan et de la Susiane . Suivant quelques auteurs,il faudrait voir en eux de véritables Kourdes; mais leurs dialectes se rap-prochent du persan. Physiquement, ils se distinguent aussi par des traitsspéciaux. D’après M. Pulioussct, qui eut sous ses ordres tout un régimentde Bakhtyari, les hommes de cette race ont, parmi tous les Iraniens, lecrâne le plus brachycéphale 1 * 3 4 . Trapus, robustes, bien musclés comme lesKourdes, ils ont en général le teint brun, une chevelure noire ondulée,l’œil ombragé d’épais sourcils, le nez gros et aquilin, s’abaissant sur lalèvre, le menton carré, les pommettes saillantes: même sous leur costumede bergers, on voit en eux les soldats et l’on est frappé de la ressemblancequ'ils offrent avec les ligures représentées sur les monnaies sassanides *.Les Bakhtyari, comme les autres tribus pastorales, campent en été sousla tente, dans les pâturages que la coutume leur assigne ou qu’ils ontconquis par la force de leur bras; en hiver ils habitent les petits villagesde la plaine ou des pentes inférieures. Les deux grandes divisions desBakhtyari, les Ilaft Long ou « Sept Pieds » et les Tchahar Leng ou « QuatrePieds », ainsi nommés de la proportion de leurs impôts, se partagent enclans ou tirha, en groupes de familles régis palriarcalement par des chefsqu’assiste d’ordinaire un conseil des anciens; quelques-unes des tribussont considérées comme ayant une noblesse particulière, soit à cause de lagénéalogie de leurs chefs, soit en vertu de leurs exploits ou de leurs ri-chesses; d’autres se trouvent à l’égard des tribus plus puissantes da/is unesorte de vassclagc et la tradition leur attribue une origine inférieure, turqueou persane 5 . Naguère les Bakhtyari étaient fort redoutés comme brigandset pillards de caravanes, et pour se rendre de Chiraz ou d’Ispahan dans lebassin inférieur de l’Euphrate , les voyageurs prenaient grand soin d’éviterleur territoire : un explorateur récent, Mackenzie, n’a pas craint de se confierà eux et n’a eu qu’à se louer de leur bon accueil et de leurs prévenances*.

Quant aux Arabes et aux Bàloutchcs, qui sont aussi parmi les habitantsde la Perse, la plupart de leurs tribus occupent des territoires limitrophesà leur pays d’origine : les peuplades arabes, qui prétendent être originairesdu Nedjed, campent au sud-ouest dans la partie de la plaine du Karounqui d’après eux a reçu le nom d’Arabistan ; de même les Baloutches dePerse habitent au sud-est du royaume une province qui fit jadis partie du

1 Indice céphalique des Bakhtyari : 0,91.

- Duhoussct, Etudes sur les populations de la Perse; —Khanikov, Ethnographie de la Perse.

3 ltich ; — Bode; — Rawtinson; — Layard ; — Iloutum Schindler, etc.

4 Proceedings of the Geographical Sociely, March 1885.