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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

des familles isolées avant loué toute une mine au trésor'. Les ouvriersaffirment que les turquoises ou « pierres de bonheur » « mûrissent »,c’est-à-dire gagnent en couleur, après avoir été retirées du sol, mais unprintemps ne suffit pas, il leur faut mille années pour prendre tout leuréclat 5 .

La ville de Sebzewar, située à l’ouest de Nichapour , sur la route deTéhéran , ressemble à la plupart des autres cités de la Perse orientale parl’aridité des campagnes environnantes; elle occupe une étroite vallée entredeux déserts de sel. Sultanabad, généralement désignée sous le nom de sondistrict, Tourcliiz, est séparée par de liantes montagnes du bassin auquelappartiennent Aieliapour et Scbzcwar; fort commerçante, elle possèdedes champs bien arrosés et de très vastes terrains de pâture, qui s’étendentau loin vers le désert et que parcourent par milliers des bergers nomades,de race baloutclie : d’après Ferrier, l’ensemble des campements com-prendrait 8000 tentes. Tourbat-i-Ilaïdari, la « Coupole de Ilaïdar » oudu Lion , appelée aussi Tourbat-Isakhan, a subi de grandes vicissitudespendant ce siècle : située sur le chemin de Meched à Kirman, à la hau-teur de 1555 mètres, dans une vallée d’où l’on ne peut sortir qu’en tra-versant des cols élevés, elle est néanmoins un centre de commerce et sonbazar est très fréquenté. Conolly, en 1855, n’y comptait que 800 maisons;dix ans plus tard, Ferrier les évaluait à 5000; une trentaine d’années après,en 1872, l'expédition anglaise commandée par Goldsmid n’y trouvait plusque 200 familles; la terrible famine de l’année précédente avait enlevéles sept huitièmes de la population. De nos jours, elle a repris sa pros-périté. Elle appartient à une peuplade d’origine lartare, venue, dit Beilew,à l’époque de Tamerlan . Au sud-est, la ville de Kliaf, voisine de la frontièreafghane , est importante comme chef-lieu de la tribu aïmak des Taimouri.Dans les montagnes environnantes vivent aussi des llezareh, à physiono-mie mongole comme ceux de l’Afghanistan , mais de religion sunnite.

La partie méridionale du Khorassan , moins riche en ruisseaux que leterritoire montagneux du nord-est de la Perse, est par cela même beaucoupmoins productive et moins populeuse. Les villes y sont rares, mais, situéesen dehors du grand chemin des conquérants, elles ont eu moins à souffrirdes assauts et des guerres que les cités du nord; les habitants ont eu plussouvent à redouter la famine (pie les ennemis. Badjistan, au sud de Sul-tanabad, est un des lieux de culture et de marché les plus fréquentés de la

1 Revenu annuel de la location des 14 mines de turquoises en 1878 : 77 000 francs.

(Iloutum Schindler, hv'cstiya Knvk. Oid’ela, 1878.)

s Fraser; A. Chodzko ; Eastvvick, Miitheilungen von Pelermann, 1885.