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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

temporairement doublée. Le commerce est très actif, mais les tapis fameuxque l’on vend dans toute la Perse comme les produits de l’industrie deBirdjand sont tissés presque exclusivement dans le village de Darakch 1 , à80 kilomètres au nord-est, par des ouvriers qui descendent d’émigrantsde Itérât*. Les indigènes parlèrent à l’expédition anglaise, en 1872, d’unplatane énorme, qui se trouverait à Ô5 kilomètres au sud-est de Birdjand,à Gulfanz, et qui n’aurait pas moins de 02 mètres en circonférence : letronc creusé servirait de parc à brebis, cependant quelques branches por-teraient encore des feuilles. Serait-ce, demande Yule , le fameux ArbreSec de Marco Polo ?

Nih, dans le voisinage du Scïstan, est remarquable par l’abondance deses eaux thermales, captées comme les eaux fraîches en des aqueducs sou-terrains et employées pour l’irrigation du sol. Des mines du voisinage, oùl’on exploitait le cuivre et le plomb, sont maintenant abandonnées; maispar les dimensions des anciens puits, des chambres et des galeries tailléesdans le roc vif, ainsi que par l’ensemble des travaux d’attaque, on recon-naît qu’à l’époque où se poursuivaient ces entreprises, la population de lacontrée était bien plus civilisée que de nos jours 5 . De même les monumentsdont on voit les débris dans le Seïstan, l'ancien Sedjeslan, sur les routes deNih au Ililmend, témoignent d’un passé plus glorieux que le présent : c’estlà, dans le pays natal de Rouslem, que s’est déroulée en grande partiel’histoire héroïque de l’Iran , et plusieurs fois depuis ces temps éloignés,les Seïslani eurent un rôle considérable dans les destinées de la Perse; sousla domination arabe, c’est dans le Seïstan que le parti national lit les pre-mières tentatives sérieuses pour reconquérir l’indépendance. Des amas deruines, aussi nombreux sur le territoire persan que dans la partie afghanedu Seïstan, rappellent la première prospérité. La capitale actuelle, Nasir-abad, située à peu près à moitié chemin entre la dépression du Hamoun etle Ililmend, se compose de deux cités distinctes, l’ancienne et la nouvelle,enfermées chacune dans son enceinte d’argile; la population est forméeen grande partie d’émigrants du Khorassan , qu’avait chassés la famine.Sekouha ou « Trois-Montagnes », au sud deNasirabad, avait précédemmentle titre de capitale du Seïstan : une citadelle domine l’une des trois buttesd’argile qui ont valu son nom à la ville. A l’est, dans une région des plusfertiles qu’arrosent des canaux dérivés du Ililmend, un autre monticuleargileux, aux pentes coupées de précipices et de ravins, porte la forte-

1 Euan Smith , Eastern Persia.

- Fr. Forbes, Journal of thc Geoyraphical Society, 1844.

5 Goebel ; — De Khanîkov, mémoire cité.