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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

abandonnés à l’action du temps, ces édifices n’ont plus qu’un petit nombred’appartements habitables ; mais les jardins qui les entourent et qui sontdevenus des fourrés de végétation, sont uniques en Perse pour la richesseet la variété des arbres : de la colline, où le chah Abbas avait lait con-struire un observatoire, on contemple ce merveilleux ensemble de verdureet de fleurs, séparé en massifs par les ruisseaux, les étangs et les ruines :<;à et là autour des jardins se montrent quelques maisons du villaged’Achref, à peine visibles sous les branches entremêlées.

Sari, située plus à l’ouest dans les campagnes qu’arrosent le Tedjen etd’autres rivières capricieuses dans leur cours et leur débit, est commeAchref, une ville déchue; encore au commencement du siècle, elle auraiteu, d’après Fraser, plus de 50 000 habitants, quatre fois plus que de nosjours. La tradition attribue à Sari la plus haute antiquité : c’est une de cesvilles où se seraient accomplis quelques-uns des évènements prodigieuxque racontent les épopées persanes. D’Anville et Rennell ont essayé d’iden-tifier Sari avec l’antique Zadra-karta, la plus grande cité de l’IIyrcanie, oùl’armée d’Alexandre s’arrêta pour sacrifier aux dieux. On montre dans levoisinage quelques amas de décombres, qui seraient les restes de monu-ments préhistoriques. Feridoun, le héros légendaire de la Perse, seraitenterré sous le seuil d’une mosquée qui s’élève sur l’emplacement d’untemple du feu, et les débris d’une tour auraient appartenu au tombeau deses deux fils 1 . De même qu’Achref, Sari est entourée d’un immense jardin,et les campagnes des alentours sont couvertes de mûriers, de cotonniers,de cannes à sucre, de rizières ;'elle possède un port sur la Caspienne , àla bouche du Tedjen : c’est le village de Farah-abad, la « Demeure dela Joie », dont les habitants s’occupent de la pêche et de la prépara-tion du caviar. Lors du voyage du « pèlerin » Pietro délia Yalle, en 1618,Farah-abad (Ferhabad), que venait d’édifier Chah-Abbas, était la « citéprincipale du Mazanderan »; plusieurs de ses rues avaient une lieue delongueur, et la superficie de la ville égalait, si elle ne la dépassait, cellede Rome ou de Constantinople ; une population considérable, formée demahomélans, de chrétiens, de juifs, gens de toute nation et de toute raceimportés des pays les plus lointains, se pressait dans les larges avenuesde la cité nouvelle 2 .

Barfrouch, Barferouch ou Bar-fourouth, c’est-à-dire le « Grand Marché »,n’a pas l’antiquité de sa voisine Sari ; il y a trois siècles, elle n’était qu’un

1 Gmclin; — Melgounov; — Fraser, etc.s Yiayyi cli Pietro delta Yalle, parte prima.