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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Naguère Téhéran n’avail d'autre roule carrossable que celle du palaisd’hiver au palais d’été; elle est unie maintenant à Kasvin, par une voielarge de 12 mètres, qui se continuera jusqu’en Transcaucasie par Zendjanet Tabriz : des télègues de construction russe parcourent rapidement lechemin d’environ 150 kilomètres qui sépare Téhéran de Kasvin. Cetteville, qui fut aussi _ ’ un temps capitale et où l’on voit maint débris

de sa grandeur passée, a repris une certaine importance pendant la deuxièmemoitié de ce siècle, grâce au mouvement des voyageurs et des marchan-dises entre l’Iran et le Caucase. Ces jardins des alentours, conquis surle désert, sont parmi les « paradis » de la Perse; enlrevues des vignes oudes plantations de pistachiers qui bordent les chemins, les portes émail-lées de la ville, ombragées de platanes, présentent un tableau pittoresque.

Sultanieh, qui est également l’un des principaux lieux d’étape sur laroule nord-ouest, fut aussi capitale, avant la cité d’ispahan; déchue de sonrang, elle perdit sa population et n’est plus guère qu’un amas de ruines.Contrastant avec ces décombres et ces masures, la puissante mosquée deSullanieh, élevée par un prince mongol, parait d’autant plus grande, maissa coupole magnifique, entourée d'un cordon de faïences multicolores, estlézardée; les six minarets d’angle sont démolis ou penchés, la massehexagonale de l’édifice a perdu presque tous scs ornements extérieurs, clsur le pourtour de la nef les arabesques et les phrases du Coran , qui sedétachent en faïences d’un bleu d’azur ou autres nuances, sont dégradéesou cachées par des peintures modernes de mauvais goût.

Zendjan, au nord-ouest de Sullanieh, également sur la route de Rus-sie , est aussi une ville tombée. Détruite une première fois par les Mon-gols, et en grande partie livrée aux flammes après le siège de huit moisqu’y soutinrent les Dabi, la malheureuse cité n’a pas réparé ses ruines.Du côté du nord, c’est la dernière ville de l’Irak -Adjemi; on y parle en-core persan, tandis que de l’autre côté de la montagne de Kaflan-kouh,dans l’Azerbeïdjan, le turc est le langage usuel des habitants de Mianeli.Cette ville, « la plus misérable de la Perse », est située sur un torrentqu’alimentent les neiges du Sehend, et qui va se jeter dans le Kizil ouzen,la branche maîtresse du Sefid rond. De tous les lieux d’étape, Mianeliest le plus redouté des étrangers : là, plus que dans toute autre ville dePerse 1 , pullule la redoutable « punaise » argus persica, dont la morsuren’incommode guère l’indigène, mais a causé chez les voyageurs de nom-breux cas de maladie grave et même de mort. C’est à Mianeli que mourut

1 Ouseley ; — Kotzebue ; — Polak ; — O’Doaovan ; — Gaslcigei .