ISI’AII AN.
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demi. Protégés par la Russie , et d’ailleurs plus instruits, plus actifs quela plupart des Persans qui les entourent, les Arméniens d’Ispalian ontrepris une grande influence dans les affaires commerciales. Les Juifspeuvent aussi considérer Ispalian comme leur capitale en territoire ira-nien : c’est là qu’ils sont le plus nombreux et, dans le bazar, des centainesde boutiques leur appartiennent. Deux voyageurs français sont morts àIspalian, Auchcr Eloy et Ilommairede llell.
Les campagnes d’Ispaban sont parmi les mieux arrosées et les plus fer-tiles du plateau : l’altitude de la plaine, qui est de 1452 mètres, lui donneun climat tempéré, où prospèrent les plantes de la zone subtropicale; on ycultive la vigne, le cotonnier, le tabac, le pavot, des légumes de touteespèce et surtout des melons, les meilleurs de la l'erse; les coiguas-siers donnent des fruits d'une odeur exquise, que, lors des visites ofli-cielles, on se fait passer de main en main, pour en savourer le parfum. I)enombreuses ruines, des villages, des sanctuaires interrompent les espacesverdoyants et des pigeonniers pittoresques s’élèvent, isolés ou par groupes,bien mieux entretenus d’ordinaire que les maisons voisines. Ce sont destours rondes, ornées de cordons et de filets de briques simulant des cré-neaux : sur la terrasse supérieure s’arrondit une coupole centrale entouréed’autres coupoles, en forme de ruches, dont chaque brique est séparée del’autre par une ouverture : en quelques instants, les nuées de pigeons quitourbillonnent autour du dème ont disparu dans l’intérieur. Parmi lesmosquées des environs, la plus curieuse est celle de Koladoun, ornée deminarets d’environ 5 mètres de hauteur placés à droite et à gauche de lacoupole. Chacune de ces tourelles peut être mise en mouvement par les se-cousses d’un homme et l’on sent alors distinctement vibrer l’autre tour etfrémir tout l’édifice comme agité par un tremblement de terre. Ce phé-nomène des « minarets branlants^ », que les fidèles du lieu attribuent àla vertu du saint enterré sous la coupole, est dû, ainsi que l’a constatéM. Diculafoy 1 2 , à l’existence de charpentes auxquelles sont attachés les mi-narets, d’ailleurs fort légèrement construits, et pivotant facilement surun axe intérieur : on observe le même phénomène dans une mosquée deBostamC
Les Ispahani et les Chirazi sont jaloux les uns des autres et se renvoientvolontiers des dictons malveillants; les premiers seraient avides, et fauxles seconds. Cet antagonisme provient de ce que leurs cités, les plus im-