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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
portantes de la Perse méridionale, ont souvent lutté pour l’hégémonie com-merciale ou politique et que runc cl l’autre prétendent au titre de métro-pole artistique et littéraire. Moins grande qu’Ispalian, Chiraz est capitaledu Farsistau, c’est-à-dire de la Perse par excellence, et sa population estpresque exclusivement iranienne. En outre, elle est l’héritière des capi-tales d’empire qui s’étaient succédé dans le voisinage et dont l’une futla puissante Persépolis. Dénommés pour leur intelligence, leur esprit, leurbeau langage, les Ghirazi se considèrent comme les représentants de la civi-lisation nationale et supportent impatiemment la domination des Kadjarde Téhéran : le Iîah Ali-Mohammed, dont les prédications mirent en dan-ger la dynastie, était natif de Chiraz , et dans celle ville se groupèrent sespremiers disciples. Pour contenir la population du Fars , le gouvernementpersan a soin d'y envoyer des soldats turcs, afin que les haines de raceaident les garnisaires à maintenir les habitants dans l’obéissance.
Chiraz n'a pas d’aussi magnifiques ombrages que sa rivale, Ispahan ,mais la végétation y est d’un aspect plus méridional. Quand on descenddans la plaine par la route de Persépolis ou du nord-est, on aperçoit sou-dain la ville au détour d'un défilé, et la vue des jardins, des allées de cyprès,des coupoles resplendissantes et de la plaine bleuâtre se relevant vers lahase des montagnes neigeuses, fait pousser au voyageur un cri d’a«lmi-ration : « Allah est grand! » Tel est le sens du nom « Teng-i-Allahu-Akbar » que l'on donne au [tassage d’où l’on voit se dérouler le magnifiquetableau. Quoique se trouvant encore à 1350 mètres d’altitude, Chiraz , le« \entre du Lion », est déjà, relativement aux cités du plateau, une villedu midi; là commence pour les Iraniens le pays des « terres chaudes »;les palmiers qui s’élèvent çà et là dans la plaine indiquent la transitiond’une zone à l’autre. Tandis qu’Ispahan est sur le revers oriental dusystème des chaînes hordières, Chiraz se trouve dans la Cœlé-Persis ou« Perse Creuse », 1 une des dépressions intermédiaires qui séparent deuxchaînes parallèles, et ses eaux s’écoulent dans un petit bassin fermé,sorte de Caspienne en miniature. Quoique déjà sur l’un des degrés exté-rieurs qui descendent du plateau vers le golfe Persique, Chiraz est parfai-tement défendue du coté de la mer par les crêtes régulièrement alignées dulengsir ou « Pays des Défilés »; il serait facile à quelques régiments réso-lus d’en protéger les abords. Mais si favorisée à tant d’égards, la ville ade grands désavantages. Tes tremblements de terre y sont fréquents et l’his-toire en cite plusieurs qui furent désastreux : tel celui de 1833, qui ren-versa plus d’une moitié des maisons, écrasant dix mille personnes sousles murs. En été, l’air est insalubre et la fièvre décime les populations.