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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
célébré. Le tabac cl autres denrées du pays ne donnent lieu qu’à une faible,exportation, mais comme, station de transit, la ville occupe une positionexceptionnelle, puisque les chemins des ports du golfe Persique viennent yaboutir; toutefois ces chemins sont mauvais et les difficultés du trans-port grèvent les marchandises de si lourds frais supplémentaires que le com-merce préfère d’autres voies, celles de Kermanchab et de Tabriz . Inférieurepour le mouvement des échanges aux autres grandes villes de la Perse,Chiraz a du moins la supériorité que lui donnent l’intelligence et l’éruditionlittéraire de ses habitants : elle est la « Maison du Savoir ». Des trois plusfameux poètes de l’Iran, Ilaüz, Sadi, Firdousi , les deux premiers étaientde Chiraz , où nul Persan ne passe sans visiter leurs tombeaux. La dallede marbre qui recouvre depuis cinq cents ans les ossements de Ilaüz porteen lettres d’or deux de ses odes; non loin de cette pierre fut enterré Uicli,l’explorateur du Kourdistan. Le monument de Sadi, situé à quelque dis-tance, près d’un village appelé Sadiyeh, d’après le nom du poète, estmoins bien entretenu, sans doute parce que l’auteur du Culistan n’est pasrangé, comme Ilafiz, parmi les écrivains sacrés, et pourtant, ainsi queSadi le dit de lui-nu'me dans son épitaphe : « Nul rossignol n’a modulé deplus doux chants dans le jardin du savoir! » Près du tombeau s’ouvre ungouffre, d’origine certainement artificielle, dont la profondeur dépasse'200 ‘mètres *.
Les savants sont unanimes à chercher l’emplacement de l’ancienne IV r-sépolis, la « cité des Perses », au lieu dit Istakhr , situé à une cinquantainede kilomètres au nord-est de Chiraz , sur la route d’Jspahan. En cet endroitcommence une chaîne de collines de marbre gris qui se continue dans ladirection du sud-est, dominant une large plaine, aujourd’hui marécageuse,le Merv-Dachl, dans laquelle le Band-Emir, affluent du lac Neris, serpenteà l’ombre des saules; un barrage, surmonté d’un pont de treize arches,retient les eaux de la rivière pour les faire refluer dans les mille canauxde la plaine; trois rocs isolés, les monts Istakhr , se dressent au milieu desalluvions. Les terrains en pente douce qui s’inclinent des coteaux et desrochers vers les campagnes du Band-Emir et vers son tributaire le Polvarou Poulvar, présentent un admirable site pour la construction d’une villeet sans effort la pensée relève l’amphithéâtre de palais. D’ailleurs il enreste quelques fragments. Cette ruine, la plus belle de la Perse, est un en-semble de murs et de colonnes que les indigènes, avec une admirationmêlée de terreur, nomment le « Trône de Djcmehid». On sait maintenant,
1 Stack, Six 'lonllis in Persia; — M. Diculafoy, yoles manuscrites.