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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Lintljah, première escale des bateaux à vapeur qui entrent dans le golfePcrsique, est un village long de 5 à 4 kilomètres qui borde la grève ombra-gée de dattiers et que domine au nord un mont s’élevant à près de 1200mètres; le mouillage est meilleur et plus rapproché de la rive qu’à Bandar-Abbas : c’est dans ce port que se fait la vente des nacres et des perles deBahreïn aux négociants de l’Inde 1 . Les marins de Lindjali, Arabes et Afri-cains, possèdent environ 150 embarcations, dont une dizaine employées àla pèche des perles, et construisent des navires en bois importé de l’Inde ;des barques de 500 et même de 800 tonneaux ont été récemment lancéesde leurs chantiers. Au delà de Lindjali jusqu’à Bouchir, la côte persane ,escarpée, coupée de promontoires, sans eau et sans végétation, habitéeseulement par quelques tribus d’Arabes pillards, n’a encore été parcou-rue par aucun explorateur européen ; mais là aussi se trouvent des portsqui eurent autrefois un commerce considérable. A l’extrémité d’une plainemarécageuse qui s’étend à l’ouest du Lindjali et qui sépare des mon-tagnes de l’intérieur quelques massifs, jadis insulaires, le petit village deTcharak se trouve au pied d’un fort et entouré de dattiers. C’est là que s’é-levait au neuvième siècle de l’ère vulgaire la grande ville de Siraf, dont IlmUaukal vante les richesses : là venaient s’échanger l’aloès, l’ambre, lecamphre, les perles, l’ivoire, le bois d’ébène; même des navires chinoisy chargeaient les précieuses denrées de la Perse et de l’Arabie 2 3 . Tom-bée au pouvoir d’un chef arabe qui possédait l’ile de Kaïs, Siraf perdit peuà peu son commerce au profil du chef-lieu politique, situé dans les mêmesparages, à 55 kilomètres au sud-ouest, et Kaïs devint le principal rendez-vous des marins à l’entrée du golfe Persique ; puis, au commencementzième siècle, ce rôle échut à l’île d’Ormuz , devenue indépendantedu souverain. On voit encore sur la plage septentrionale de Kaïs les ruinesd’une grande ville arabe, près de laquelle les Anglais fondèrent pendant cesiècle un établissement militaire, abandonné depuis; les jardins, leschamps et les bouquets de palmiers donnent à cette île un aspect riant quen’ont pas les autres terres éparses dans le golfe Persique . Au delà de Tcha-rak, les petits havres, Bandar-Nakhl ou le « Port des Palmiers », Bandar-Bisaïtin, Bandar-Kongoun, ne sont visités que par les petites embarcationsdes pêcheurs arabes.

Le versant maritime de la Perse qui s’incline au sud-ouest par une suc-cession de degrés inégaux n’est connu que par les itinéraires des voyageurs

1 Lewis Pellv, Journal of lhe Geographical Society, 1864 — Stack, Six Monlhs in Persia; —

Denis de Rivoyre, Obock et Bassora .

3 Renaudot ; — Ouselcy ; — Yon Krcmer, Culluryeschichte des Orients.