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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

rial, Richehr, dont remplacement est signalé de loin par un fort portu-gais : on voit encore sur la plage des décombres amoncelés ; le sol des bergesrecèle des cornalines, gravées et non gravées, dont Richcbr faisait jadisgrand commerce avec Ratnapour, près du golfe de Cambaye : d’après lesauteurs orientaux, sept cent familles s’occupaient à tailler et à graver desdevises et figures symboliques sur ces pierres, qu’elles expédiaient dansles villes de l’intérieur. Bouchir, où se concentre actuellement presquetout le commerce maritime de la Perse, n’oflre pourtant aucune des con-ditions indispensables à l’établissement d’un bon port. Elle est située àl’extrémité septentrionale d’une île allongée que l’exhaussement du sol arattachée au continent; l’ancien détroit qui s’étend à l’est vers la plaine dé-serte est encore un marécage au sol incertain, tandis qu’au nord une baie,s’arrondissant en demi-cercle dans l’intérieur des terres, n’est recouverteà marée basse que par un mètre d’eau; îlots et bancs de sable affleurentau ras du flot. Seulement les petites embarcations peuvent contourner lapointe et mouiller à l’est de la ville, dans une fosse profonde de 4 à 8mètres; les grands navires ancrent au large, à 7 et 8 kilomètres de la côte.Les négociants, parmi lesquels prédominent les Arméniens, expédient desvins, des tabacs et surtout de l’opium destiné aux ports chinois; ilsimportent de Batavia du sucre en quantités considérables, et les paquebotsanglais leur apportent les mille objets de fabrication européenne 1 . La terreinsulaire de Bouchir, limitée par une berge du côté du continent, a desfontaines d’eau fraîche et d’eau thermale, et quelques bouquets de pal-miers auprès desquels les marchands étrangers ont établi leurs maisonsde campagne; mais les principaux lieux de villégiature sont dans l’inté-rieur des terres, sur les pentes des monts Gisakan et Khormoudj, quidominent la ville et les jardins de Barasdjan. L’île de Kharag, qui s’élèveen pleine mer entre Bouchir et les bouches de l’Euphrate , a été souventoccupée par des pirates ; elle fut aussi au milieu du dix-lmitième siècle unecolonie hollandaise, ou plutôt un nid de corsaires commandés par un an-cien consul néerlandais ; l’ilc contenait alors quelques milliers d’habitants.En 1840, les Anglais y avaient établi garnison.

Sur la roule, ouverte pendant neuf mois de l’année, qui réunit Bandar-Bouclur et Barasdjan à Chiraz par les cols élevés de la « Fille » et de la« Vieille Femme » (2209 mètres), le principal lieu d’étape est la ville deKazeroun, située à 890 mètres d’altitude, dans un de ces plissements du sol

1 Revenu de la douane de Bouchir en 1880:000 000 francs.

Valeur approximative des échanges : 18 000 000 francs.