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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
avoisinante ou sahra en autant de bandes longitudinales qu’il y a de« charrues ». A chacune d’elles, c’est-à-dire à chaque chef de famille estattribuée une de ces bandes de terrain ‘.
L’impôt fixe qui pèse sur la propriété agricole est la double dime et ceprélèvement d’un cinquième s’accroît de toutes les redevances supplémen-taires que se font payer les exacteurs pour s’enrichir eux-mêmes et satis-faire les grands personnages auxquels ils doivent leurs fonctions. Si lessauterelles ravagent les champs, si la sécheresse brûle les récoltes, lepaysan, incapable de payer le fisc, est complètement ruiné; c'est alorsqu’ont lieu ces famines qui dépeuplent des villages entiers et changent endéserts des villes florissantes. Quand la neige d’hiver ne recouvre pas encouche épaisse les sommets et les flancs des montagnes, la disette s'an-nonce; les torrents s’arrêteront, épuisés à la sortie des hautes vallées et lesgaleries souterraines des kanat resteront sans eau. Cependant des régionssont assez favorisées par le climat pour qu’on puisse les cultiver, mêmesans irrigation : telles sont les provinces du nord-ouest et celles du littorale.aspien. Les moyens dont le laboureur dispose sont primitifs : la charruen’est qu’une pointe de fer au bout d’un tronc d’arbre, et la herse n’estsouvent qu’un fagot de branches, ou bien un assemblage de planchesarmées de silex à la face inférieure; mais le paysan sait admirablement seservir de la bêche et c'est par les cultures soignées des vergers et des jar-dins, bien plus que par les travaux des champs, qu’il fait preuve d’intelli-gence et d’industrie. Dans le midi, il sait aussi utiliser les engrais cl mêmeen fabriquer pour les différentes espèces de plantes. Comme dans les villesde l’Europe, on prépare à Ispahan des engrais artificiels et des guanostrès énergiques mêlés à la colombinc des pigeonniers 1 2 . Depuis qu’il existeune petite colonie d’Européens à Téhéran , plusieurs espèces de plantesd’utilité,et d’agrément ont été introduites dans le pays; la pomme de terreest devenue commune dans l’Azerbeïdjan.
La culture des céréales se fait principalement dans les provinces occiden-tales, de Tabriz à IJamadan et à Kcrmanchah; dans les bonnes années, uncertain mouvement d’exportation des blés se porte vers Bouchir, Bagdadet la frontière de l’Araxe , mais la plus grande partie de l’excédent desrécoltes reste invendue à cause de la difficulté des transports; lors d’unevisite que l’Anglais Aapier fit dans la province d’Ardilan, il constata quecet excédent inutile, pour le seul district de Ivermanchah, était d’environ
1 Six Months in Persia.
2 Jane Dieulafov, Tour du Monde, 1S85