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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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AGRICULTURE DE LA PERSE.

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80 000 tonnes : l’écart des prix pour une charge de froment, entre Kerman-chali et Téhéran , était alors du simple au quintuple 1 * . Des différences plusfortes encore se produisent pour le riz, qui constitue la principale nour-riture des classes aisées et que l’on cultive seulement dans les provincesdu littoral caspien. Outre le froment, le riz et une espèce de millet que l’onemploie pour les qualités inférieures de pain, on ne récolte d’autre céréaleque l’orge, réservée à la nourriture des chevaux; nulle part on ne cultivel’avoine 8 . Tous les légumes d’Europe sont connus des Persans, et quelquesespèces, notamment les aubergines, les oignons, les concombres, dont ilse fait une consommation prodigieuse, valent mieux que celles des jardinsde l’Occident . Les fruits constituent aussi l’une des grandes richesses del'Iran ; les melons et les pastèques sont exquis. La vigne, que l’on cultivedans les vallées de G00 à 1500 mètres d’altitude, donne des raisins trèsappréciés, même à l’étranger, dans l’Inde et en Russie , où on les expédieaprès dessiccation sous le nom de kichmich. Dans les régions du nord ilfaut enterrer le cep pour le garantir des froids ; dans celles du sud onl’enfouit pour le protéger contre les chaleurs ; enfin en certains districts deIvhorassan on ne peut le faire croître qu’à l’abri de hautes murailles, quile défendent des vents polaires 3 4 . Les abricots et autres fruits secs ou con-fits sont aussi expédiés en Russie , et chaque année s’accroît leur impor-tance commerciale. Les arbres fruitiers de l’Europe tempérée du nord,pommes, poires, cerises et prunes, croissent dans les régions basses duplateau à côté des pêchers et des abricotiers, mais leurs fruits ont peude saveur; c’est dans les montagnes, où les arbres, soumis aux froidsde l’hiver, mûrissent lentement leurs fruits, que ceux-ci peuvent être com-parés aux bonnes variétés occidentales. On sait que les pèches de l’Iran sont exquises et longtemps on crut qu’elles étaient originaires de ce pays,dont elles portent le nom dans les idiomes occidentaux ; d’après lesrecherches de M. de Candollc, c’est de Chine que serait venu le pêcher 1 .

L’agriculture comprend de nombreuses plantes industrielles. Le mûriern’est pas cultivé uniquement pour ses baies, très appréciées dans les cam-pagnes de Téhéran ; on récolte aussi les feuilles pour l’élève des vers àsoie, dont les cocons sont utilisés dans les fabriques de Tabriz , de Ivachan,de Tczd; en outre, un certain commerce de soies grèges se fait avecl’Europe par la voie de la Transcaucasie ; mais la maladie des vers à soie,

1 Bateman Champain, Proceedings of the Geographical Society, mardi 1885.

s Polak, ouvrage cité.

3 Goldsmid, Eastern Pcrsia.

4 A. de Candollc, Origine des plantes cultivées.