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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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AGRICULTURE, INDUSTRIE PERSANES.

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confins (la désert. Puis les guerres intérieures, l’alTaiblissement des com-munautés civilisées, le dépeuplement des villes attirèrent d’autres étrangers,Turcs et Turkmènes, Kourdes et Baloutclies, et le territoire occupé parces nomades, à la fois bergers et brigands, s’accrut aux dépens des cultiva-teurs. Les déplacements de populations entières, déportées d’une provincedans une autre, eurent pour conséquence de jeter dans la vie nomadenombre de familles qui, de père en fils, avaient mené une existencesédentaire. Enfin, les exactions et les violences des gouverneurs n’ont sou-vent laissé aux villageois que la ressource de quitter champs et cabanespour aller vivre de mendicité, d’aventures ou de pillage. Pris en masse, lesnomades ne contribuent à l’ensemble des richesses nationales que parl’élève des bestiaux. Ils ont des troupeaux de brebis assez considérablespour suflire à la consommation des Iraniens, qui mangent presque exclusi-vement la viande de mouton; les tribus n’ont d’autre monnaie, d’autremoyen d’échange que les brebis. Elles vendent aussi les toisons, mais sansse donner la peine de les nettoyer et ne prennent aucun souci d’em-bellir la race. Les chèvres, qu’on élève rarement pour la viande, four-nissent aux industriels de Ivirman cette laine ou duvet qui sert à fabriquerles châles les plus fins. On recueille aussi pour la confection des feutresles poils de chameaux, qui tombent en grosses touffes au printemps. Lesnomades ont peu de chevaux, mais beaucoup d’àncs et de mulets pour letransport de leurs approvisionnements et de leurs tentes. Dans leurs cam-pements les hommes ne se livrent à aucun travail industriel; les femmes,plus actives, tissent pour le marché des villes des nattes, des tapis gros-siers, des couvertures.

Depuis des siècles, les artisans de la Perse n’ont guère modifié leursprocédés et c’est en vain qu’on a voulu fonder, près de Téhéran et autresgrandes villes, des manufactures semblables à celles de l’Europe : lemanque d’expérience chez les ouvriers, la cherté du combustible, l’improbitédes chefs, les hauts prix de revient ont toujours amené la ruine de ces éta-blissements construits à grands frais. Le goût des objets de fabricationétrangère, qui se répand de jour en jour, est facilement satisfait par lecommerce ; maint article de pacotille importé d’Europe se vend deux outrois fois meilleur marché que le produit similaire dù au travail indigène.Ce sont les industriels russes qui profitent en majeure partie de ce déplace-ment. Vers le milieu du siècle, presque tous les objets qui se vendaientdans les bazars provenaient d’Angleterre, mais la concurrence de la Russie ,d’abord timide, a disputé, puis conquis le nord de la Perse sur les mar-chands britanniques, et ceux-ci n’ont plus qu’une étroite zone de vente;x. 5Ü