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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

autour du port de Bouchir. Comme dans l’Afghanistan et en Asie Mineure,la prépondérance russe, au point de vue commercial, de même qu’aupoint de vue politique, devient de plus en plus évidente. Les conditionsgéographiques sont trop favorables à la Russie pour que les négociantsanglais puissent espérer de reconquérir le marché perdu. Par la Transcau-casie, les steppes de Daman-i-koh et le littoral de la Caspienne , le domainerusse touche à la Perse; les routes d’accès, par Tabriz , Redit, Barfrouch,Astrabad, qui lui permettent d’expédier ses marchandises dans les villes duplateau et de recevoir des denrées en échange, sont beaucoup plus facilesque les chemins ouverts aux Anglais par les ports du golfe Persique : surun espace de 510 kilomètres, le rude sentier qui monte de, Bouchir à Chiraz n’a pas moins de six cols difliciles à franchir 1 .

La conséquence fatale de cette invasion des marchés par les objetsde fabrication étrangère a été, sinon la ruine, du moins la déchéance del’industrie nationale. Certainement la Perse n’a plus autant d'habilesouvriers qu’à l’époque où Chardin visitait les bazars d’ispahan ; la poterieline notamment ne se retrouve plus dans les cités manufacturières. Toute-fois il est encore des industries florissantes et pour aucune les traditionsde ParL ne sont tout à fait perdues. Les Persans sont très habiles dansl’art de damasquiner les métaux, et leurs aciers, leurs cuivres ouvrés,gravés au burin, brodés d’argent et découpés en dentelles excitent à bondroit l’admiration des étrangers. Dans le Khorassan , on fabrique, dessabres d’une trempe admirable, et dans les arsenaux les ouvriers ontappris, sous la direction d’Européens , à faire d’excellentes armes de tir clmême de précision 2 . Inventeurs du narghilé, dont le nom arabe est dérivédu mot nardjil ou noix de coco, parce qu’on se servait jadis de ces noixcomme réservoirs pour l’eau que traverse la fumée, les Persans, surtoutceux d’ispahan et de Chiraz , sont encore les meilleurs fabricants des beauxkalian, qu’ils ornent d’or ou d’argent ciselé et rehaussé de pierresprécieuses 7 ’. Quoique presque toutes les cotonnades, de couleur unie ouimprimées, viennent d’Europe , plus d’un Persan respectueux du tempspassé leur préfère le solide, herbus ou kalemkar, de fabrication locale, ornéde fleurs et d’arabesques imprimées à la main; les lainages grossiers desTurkmènes et des Kourdes ne sont pas complètement abandonnés pour lesdraps importés d’Allemagne ou de Pologne . Les feutres décorés de ligureset d’inscriptions sont encore une fabrication pour laquelle les Persans

1 Bateman Champain, Proceedings of the Geographical Socicly, march 1685.

* F. do Filippi, Yiaggio in Persia.

5 Yamberv, Sittenbilder mis (lem ilorgcnlande.