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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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INDUSTRIE, COMMERCE DE L’IRAN .

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n’ont point do rivaux. Les brocarts et les velours de Kaclian sont fortappréciés, de même cpie certaines étoffes de soie tissées à Yezd ; les tapis deKirman sont connus du monde entier pour la solidité et la légèreté dutissu, pour le charme du dessin et l’harmonie des couleurs. Dans cetteindustrie, les ouvriers nationaux n’ont pas à se faire les imitateursde l’Europe, tandis qu’en Occident on copie leur travail, sans atteindre à lavariété et à l’élégante symétrie de leurs figures ; c’est tou jours dans leFars que les Persans du nord achètent leurs tapis, dont les couleurs nese fanent pas comme celles de provenance européenne. Malheureusement lelissage des étoffes se fait à Yezd , à Kaclian, à Kirman, dans des conditionstout particulièrement insalubres. A cause de l’extrême sécheresse de Pair,les ouvriers sont obligés de travailler au fond de caves où des bassins rem-plis d’eau entretiennent une humidité constante, afin que les fils restenttoujours élastiques et souples 1 . Pourtant la paye est des plus misérables :pour tisser un châle de mille francs, qui leur rapportera seulement quatrecents francs, trois ouvriers travaillent ensemble pendant, une année;trente-cinq centimes par jour, tel est le gain journalier du tisseur de Yezd et de Kirman 2 .

La capitale étant située dans le voisinage de la Caspienne et recevant parcette voie et par la Transcaucasie la plus grande partie de ses approvision-nements et de ses marchandises, aussi bien que scs visiteurs, il est natu-rel que les projets de routes, — et ils sont fort nombreux, — soient presquetous relatifs à la partie nord-occidentale, entre Téhéran et la frontièrerusse; déjà même des concessions formelles de lignes ferrées avaient étéfaites, mais elles ont été retirées, et peut-être en partie à cause de lacrainte des invasions futures. Neanmoins ces projets auront été vainementécartés; le jour viendra où la volonté du puissant voisin prononcera d’unemanière définitive : quand les chemins de fer de la Transcaucasie serontreliés eux-mêmes au réseau de la Piussic d’Europe et se prolongeront dansla direction de la frontière persane, cette limite ne tardera pas à être fran-chie et les locomotives graviront les pentes du plateau. Sans doute lesobstacles matériels sont considérables, et pour atteindre Téhéran , dont l’alti-tude dépasse celle de toutes les villes françaises, à l’exception de Montlouis et de Briançon , il faudra franchir des seuils élevés; mais ce sont là desdifficultés devant lesquelles ne reculent plus les ingénieurs. Dès que lesol uni du plateau sera conquis par les locomotives, il sera facile de rami-

1 Stack, Six Monlhs in Persia ; — -Jane Dieulafov, Tour du Monde, 1885.5 Gasteiger, Von Kirman nach Baludschislan.