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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Dieu », en comparaison de ce « Roi des Rois, élevé comme la planèlc Saturne ,Rôle de l’Univers, Puits de Science, Marchepied du Ciel, Souverain su-blime à qui le soleil sert d’étendard et dont la magnificence est pareille àcelle des Cicux, Monarque dont les armées sont nombreuses comme lesétoiles? » Parmi les maîtres des peuples, en est-il un plus légitime que celle« Émanation de Dieu même? » Chacun répète en Perse les vers de Sadi :« Tout vice que le prince approuve devient une vertu. » « Chercher un aviscontraire au sien, c'est se laver les mains dans son propre sang! » Mais latoute-puissance du chah est bien menacée. Aux yeux de tous, le chah n’estqu’un souverain de fait, non un monarque légitime, car il n’est pas Alide,et d’après la doctrine incontestée les descendants d’Ali, qui sont en mêmetemps, par les femmes, ceux de Yezdidjerd, ont seuls droit au trône del’Iran 1 . Les litres grandioses que possède le khan de la pauvre tributurque des lvadjar, devenu chah de l'erse, n’empêchent pas que son pou-voir ne soit maintenant bien limité. Son dernier conflit avec une puis-sance européenne eut lieu en 1857, alors que les Anglais débarquèrentune petite armée à Rouchir et bombardèrent Mohammerah. Depuis lors,il n’a plus, dans sa politique étrangère, qu’à se conformer aux avis qui luisont donnés par les ministres résidant à sa cour. 11 a surtout à tenircompte des conseils de l’ambassadeur russe, car il ne saurait oublier que lemaintien de son pouvoir dépend uniquement de la volonté du puissant voi-sin. En 1829, lorsque l’illustre écrivain Griboyedov , ministre à la cour deTéhéran , eut été massacré, et que le tsar Nicolas dédaigna d’en tirer ven-geance, le gouvernement de la Perse comprit quel était le seul moyen d’ob-tenir son pardon ; depuis celte époque il s’est fait le vassal de Saint-Pétersbourg . Le royaume se transforme graduellement, mais sûrement,en une province russe : les nouveaux maîtres n’ont à supporter ni les fraisni les responsabilités de la conquête. Les avantages de la domination neleur en appartiennent pas moins.

Même pour le gouvernement intérieur, le pouvoir royal est limité parles préceptes du Coran , par la coutume, par l’influence des mouchtchid etdes autres prêtres que la vénération générale investit d’autorité; ils ontaussi à tenir compte de l’avis des ambassades, à redouter même la forced’une certaine opinion publique; ils craignent plus encore les jugementsdéfavorables des journaux européens. Mais aucune délégation représenta-tive ne siège auprès du trône. Les ministres que choisit le chah et dont ilrègle à son gré le nombre et le rang, ne sont que des serviteurs qu’il

* De Gobineau, Religions el Philosophies dans l’Asie Centrale .