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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
nante jaillissent vingt autres fontaines ajoutant leurs filets au ruisseauprincipal. Les Turcs eux-mêmes vénèrent la source de l'Euphrate et disentque son eau lave les péchés ordinaires, mais tue ceux que poursuit la colèred’Allah'. Unie à d’autres torrents, dont l’un égale l’Euphrate en volumeliquide, l’eau sainte descend dans le bassin d’Erzeroum , où s’étalent auprintemps, lors de la fonte des neiges, les vastes marais de Sazlik ; laplaine, couverte de joncs, est peuplée d’oies, de canards sauvages et autresoiseaux aquatiques; en sortant de ces marécages, l’eau sombre de l’Eu-phrate , coulant avec lenteur dans un lit vaseux, mérite bien le nom deKara sou que lui ont donné les Turcs . Il est très probable que les maraisde Sazlik sont le reste d’un lac qui emplissait autrefois tout le bassind’Erzeroum; néanmoins Radde n’a pu, malgré de longues recherches, vtrouver aucune espèce de coquillages lacustres 5 : les débris végétaux, quiont formé dans la plaine une épaisse couche d’humus, et les couches decendres volcaniques rejetées des volcans ont recouvert l’ancien lit deseaux.
Les montagnes qui entourent la plaine où s’étendait jadis le lac d’Erze-roum sont en grande partie d'origine ignée, et çà et là on voit sur lescrêtes se dresser des cônes de scories d'une régularité parfaite; mais lescourants de lave sont rares : à cet égard, ces volcans ne peuvent se com-parer à ceux de l’Arménie orientale, à l’Ararat, au Tendourek, au Seïban,ni surtout à l’Alagôz, dont le manteau de laves a plus de 150 kilomètres encirconférence. Aux portes mêmes d’Erzeroum , près des monts qui encei-gnent la partie méridionale du bassin, s’élève un volcan dont le cratèreétait jadis rempli d’eau; la pression de la masse liquide a rompu la paroiseptentrionale de la coupe et creusé un ravin qui s’ouvre au nord versles marais du Kara sou. Le plus haut et le plus remarquable de cesvolcans par sa belle forme conique, rappelant celle du Vésuve , est leSiehtchik, qui se dresse au nord-ouest d’Erzeroum dans la chaîne duCihiaour-dagh, à plus de 1100 mètres au-dessus de la plaine et à3184 mètres d’altitude totale : il est presque en entier formé de cendresmeubles très pénibles à gravir. Au milieu du cratère, beaucoup plus grandque celui du \ésuvc actuel, s’élève un cône de scories, masse brune etnoire, entouré d’une prairie circulaire que le printemps orne de fleurs.Bien abrité des vents du nord, qui retardent et appauvrissent la végétationdes sommets environnants, le vallon annulaire compris entre les parois