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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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POPULATIONS PE L’ARMENIE.

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revendiquer la surveillance de ces nomades d’un territoire à l’autre; maissurtout comme protecteur des Arméniens, comme possesseur de la villesainte d’Etchmiadzin , il serait dans son rôle politique en demandant desréformes et l’autonomie administrative pour les frères de ses protégés.Dans la Turquie d’Europe , il a pu élever sa puissante voix en faveur desBulgares et leur faire attribuer un territoire s’étendant jusqu’auprès dugolfe de Salonique ; de même, survienne l’occasion propice, il sera toutarmé d’un prétexte d’intervention pour les communautés arméniennesénarses de la vallée d’Erzeroum jusque sur le versant du golfe d’Alcxan-dretic, en face de Chypre , la nouvelle conquête de l’Angleterre. Quant à laGrande-Bretagne, elle ne saurait songer à garantir d’une manière efficaceles frontières actuelles de l’empire ottoman contre les Busses ; si elle amis le gouvernement turc en demeure d’assurer l’ordre dans ses provincesanatoliennes, c’est afin d’avoir un prétexte pour retirer sa promesse im-prudente de protection ; elle menace parce qu’elle ne peut plus agir.

11 est triste de penser qu’une contrée aussi riche, l’une des plus belleset des plus fécondes de la zone tempérée, celle qui a probablement donné,en proportion de son étendue, le plus grand nombre de plantes alimen-taires, soit de nos jours si peu utilisée par l’homme : c’est au plus à 6 ha-bitants par kilomètre carré que l’on peut évaluer la population, et l’on atout lieu de croire qu’elle diminue. Pourtant la race dominante, celle desTurcs, ou plutôt des Turcomans, — car la plupart sont encore constituésen tribus, — a de fortes qualités, qui sembleraient devoir lui assurer unepart considérable dans le travail des nations. Laborieux, patients, tenacesdans le travail commencé, les Turcomans reprennent, sans se lasser,l’œuvre interrompue par les invasions. Conscients de la gloire de leursaïeux, les Kara Ivoyounli et les Ak Ivoyounli, c’est-à-dire les « BergersNoirs » et les « Bergers Blancs », ils ont gardé un sentiment de cohésionnationale qui manque à la plupart de leurs voisins, et lors des mélanges deraces, c’est généralement à leur avantage qu’elle s’accomplit : Lazes, Tcher-kesses, Kourdes, finissent en maint district par s’unir à eux, surtoutlà où les mœurs nomades ont fait place à la vie agricole. C’est dans cetteforte population des Turcomans, et non dans les alliances, les retours defortune militaire ou le concours des « capitaux européens », que la Tur-quie devrait chercher les éléments de sa « régénération » *.

Les Lazes du littoral et les Adjar des montagnes côtières, entreBatoum et Trébizonde , sont des Crousiens de religion mahométane, non

1 Palgrave, ouvrage cité.