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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

moins élégants, gracieux et beaux que leurs frères de la Géorgie ; leuridiome, très rapproché du dialecte que l’on parle dans les campagnes de laMingrélic, est mélangé de mots turcs et grecs 1 2 * 4 . La différence de reli-gion, celle du régime politique, et surtout les habitudes d’émigration tem-poraire, générales dans le Lazislan, différencient de. plus en plus le parlerdes Grousiens soumis à la Russie et celui des Lazes du Gourdjistan turc :dans quelques districts, meme sur le haut et sur le moyen Tchoroukh, leturc est devenu l’idiome commun. Les Lazes sont industrieux, hardis à l’en-treprise, chercheurs d’aventures. Jadis ils se livraient volontiers à la pira-terie et leurs petites barques se hasardaient par les tempêtes à la poursuitedes bateaux de commerce; maintenant ils s’occupent de pèche et du trans-port des marchandises; des milliers d’émigrants vont à Constantinople exercer les métiers de portefaix, d’arrimeurs, de chaudronniers 8 . Ceux quirestent sont pâtres ou laboureurs et l’on admire le soin avec lequel ilsétablissent leurs terrasses de cultures sur le flanc des montagnes. Dans ledistrict du Lazistan proprement dit, limité à l’ouest par le cap Kemcr (Kemerbournou), les Lazes constituent presque toute la population; au delà, versTréhizonde, et plus loin jusqu’à Platana, ils se présentent en commu-nautés de moins en moins nombreuses, clairsemées au milieu des résidentsturcs et grecs. Los Tcherkesses, les Abkhazes et autres réfugiés du Caucasedont l’immigration annuelle est d’environ six mille, forment après lesGrousiens l’élément ethnique le plus important de la contrée; ils s’unissentvolontiers aux indigènes dans une même nation, grâce à la beauté des fillesgéorgiennes, que les nouveau-venus recherchent comme épouses A Les Ar-méniens n’ont qu’un petit groupe de villages autour de Kopi, sur les fron-tières du district de Batoum, et la colonie grecque se réduit à quelquesfamilles isolées dans les villes et les bourgades de la côlc. Dans certainsvallons de l’intérieur, notamment à Djivislik, sur la route de Tréhizonde àGumich-khaneh, se trouvent des populations intermédiaires, des « Mezzo-Mezzo», que l’on ne saurait classer ni parmi les Turcs musulmans, ni parmiles Grecs chrétiens: le matin ils conversent en turc et vont à la mosquée;le soir ils parlent grec et célèbrent les mystères chrétiens*. Descendantsd’Hellènes, mais d’Hellènes croisés de Lazes et convertis à l’Islam au dix-septième siècle, ces villageois bilingues et à religion double font mystèredevant les Osmanli de leurs cérémonies chrétiennes, mais leur secret est

1 Roscn, Ueber die Sprache der Lusen.

2 hv’estiya Kavkavskavo Otd'ela, tome V, 1877-1878.

l’algrave, ouvrage cité.

4 llamilton, Researches in Asia Minor ; - Eli Smith; — Flawlin; — Palgrave, etc.