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Tous ces idiomes sont rudes, résonnant comme par une. série d'explosions,mais ils ont moins de sifflantes cl de gutturales que la plupart des langagesque parlent les nations voisines. Quelques chants populaires, qui célèbrentles montagnes, les fleuves, les héros, sans longs développements poétiques,mais avec un sentiment profond, à cela se résume la littérature originale ;les missionnaires américains y ont ajouté la traduction de la Bible et dequelques ouvrages religieux. .N’ayant pas d’écriture propre, les Kourdesse servent de l’alphabet arabe modilié par leurs voisins persans, et ceuxqui s’élèvent par l’instruction abandonnent d’ordinaire leur propre languepour celle des Iraniens ou des Turcs policés; leur nom même, Kourdes,est d’origine persane et signifie « Forts « ou « Puissants ». Il est vraique les Tartares dérivent ce mot de Gourd ou « Loup »>, se vengeant parcette étymologie ironique de la cruelle rapacité d’un peuple dont ils onteu souvent à souffrir. Les Kourdes prétendent volontiers à une descen-dance arabe, et l’on peut croire qu’en effet un certain nombre de leurschefs appartiennent à cette race de conquérants.
Baloutches ni Bédouins, Apaches ni Palagons ne dépassent les Kourdesdes tribus guerrières par les instincts de pillage et l’art de les satisfaire.Le chef, dont le château fort domine comme une aire d'aigle l’entrée desgorges, entretient une bande de voleurs qui courent les chemins desalentours et lui rapportent le butin. Le vol à main armée est consi-déré comme l’acte honorable par excellence, mais ils méprisent la contre-bande, qu’il serait facile d’exercer dans ce pays momtueux où se ren-contrent les frontières de trois Etats : ce trafic interlope leur paraît au-dessous de leur dignité. Néanmoins ils profitent de cette juxtaposition deslimites pour organiser leurs expéditions, tantôt dans un pays, tantôt dansun autre, de manière à faire peser la responsabilité sur' leurs voisins et àmettre la frontière entre eux et les troupes qui les poursuivent. Qu’il s’a-gisse de satisfaire leur haine de race et de religion contre les Armé-niens, ils sont alors dans leur véritable élément et se préparent joyeuse-ment à des expéditions de vol. C’est pour éviter ces dangereux voisins quetant de districts arméniens se sont dépeuplés au profit de la Transcau-casie ; en mainte région des plateaux, les villes, les groupes de villagesarméniens sont comme assiégés par ces pillards; personne n’ose s’aventu-rer en dehors de la limite des jardins. Les peines terribles appliquées auxbrigands, même le bûcher et le pal, n’épouvantent point les tribus, etsouvent même les poussent à de terribles représailles; réprimées ici, lesluttes recommencent ailleurs, obligeant parfois le gouvernement turc àdes expéditions militaires. D’après Polak, il existerait une secte Lourde chez