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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

et kourdes, on trouve non seulement des mahométans et des chrétiensde toute secte, mais encore des héritiers inconscients de l’ancien maz-déisme. Les Kizil hach ou les « Tètes Rouges » — mot qui, dans l’Afgha-nistan et en d’autres contrées de l’Orient, s’applique à des gens de racepersane — sont Kourdes pour la plupart : sur 400000 sectaires 1 2 3 4 , 15000seulement appartiennent à la race turkmène, et deux ou trois tribus sedisent arabes. Les Tètes Rouges, dont les communautés principalesvivent dans le bassin moyen de l’Euphrate , sur les bords du Ghcrmili etdu haut Kizîl irmak, sont comptés par les musulmans au nombre dessectes chrétiennes, parce qu’ils boivent du vin, ne voilent pas leurs femmes,pratiquent les cérémonies du baptême et de la communion 5 . De tous lessectaires, les Kizîl bach sont ceux que leurs voisins accusent le plusobstinément — à tort ou à raison — de célébrer des fêtes nocturnes oùrègne la promiscuité la plus complète : de là le nom de Terali Sonderan ou« Eteigneurs de Lumières» sous lequel ils sont généralement désignés 5 . Lechef religieux des Kizîl bach réside dans le Dersim , près du fleuve Mourad*.

D’autres sectaires abhorrés sont ceux que leurs voisins appellent « Ado-rateurs du Diable ». Les Kourdes Yezidi ou Chemsieh, quoique fort peunombreux, cinquante mille au plus, sont épars sur un espace très consi-dérable : ils sont cantonnés principalement dans les montagnes de Sindjarau nord des campagnes de la Mésopotamie , mais il en existe aussi sur lesplateaux de Van et d’Erzeroum, ainsi qu’en Perse et dans la Transcaucasie ,près des rives orientales du Goktcha 8 ; une de leurs colonies s’était mêmeavancée jusqu’au Bosphore, en face de Constantinople 6 . Haïs, exécrés parleurs voisins de toute religion et de toute race, tantôt obligés de combattre,tantôt fuyant devant leurs persécuteurs, réduits par la famine et par lesmaladies plus encore que par le glaive, ils ont pourtant réussi à mainte-nir de siècle en siècle leurs pauvres communautés, sans avoir comme lesJuifs le solide point d’appui que donnent un corps de traditions écrites,l’histoire d’un long passé d’indépendance : ils n’ont que leur foi et le sou-venir des luttes de la veille pour s’encourager à celles du lendemain; ilsprétendent que leur grand saint, le cheikh Adi, écrivit un livre de doc-trine, Aswat ou le « Noir », mais aucun document ne prouve la vérité de

1 Tavlor ne croit pas devoir les évaluer à plus de 250 000.

2 Taylor, Journal of lhe Geographical Society, 1868.

3 Peter Lerch, mémoire cité ; — A. Vambery, Allgemeine Zeiluny, 27 déc. 1877; — Millingen,Wild Life among the Koordt.

4 Ernest Chantre, Tableau des tribus kurdes .

8 Moritz Wagner , Reise nach Persien und dem Lande der Kurden.

6 Von Hammer-Purgstall ;— Cari Ritter. Asicn.