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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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KIZIL BACH, ÏEZ1DES

celte assertion, inventée probablement pour se faire respecter par les mu-sulmans \ Nulle part ils ne vivent indépendants; les Yezidi du Sindjar,Kourdes croisés d’Arabes qui depuis des générations vivaient en répu-bliques autonomes dans leurs citadelles de rochers, furent en grandepartie exterminés en 1858; on enfuma les grottes dans lesquelles la plu-part s’étaient réfugiés; les femmes furent vendues comme esclaves et lesmisérables débris des tribus durent accueillir des maîtres musulmans.

En comparant les récits des voyageurs qui ont visité les Yezidi dansles divers districts où ils sont dispersés, on constate de telles différences,qu’on a cru devoir admettre des origines multiples pour les sectaires clas-sés sous le nom d’Adorateurs du Diable. Dans le voisinage des Arméniens,ils paraissent se rattacher à la même souche ethnique et des documentsprécis mentionnent le milieu du neuvième siècle et un village du districtde Yan comme l’époque et le lieu où la religion, d’abord simple schisme dudogme arménien, prit son origine. Dans le Sindjar, au contraire, on attri-bue aux Yezidi une origine arabe et leur culte serait dérivé de l’Islam . EuPerse, ils sont considérés comme descendant des Guèbres; pourtant le nommême qui leur a été donné les relie au monde musulman, puisqu’il est celuide Yezid, le calife abhorré, coupable du meurtre de Ilousseïn, le petit-fils duprophète. Enfin, les tribus kourdes les confondent souvent avec les secteschrétiennes des plaines inférieures et font sur les uns et les autres lesrécits les plus bizarres : il n’est pas d’abominations qu’on ne leur prête!,pas de fantaisies qu’on n’imagine sur leur compte. Leurs cérémoniesdiffèrent suivant les pays : il en est qui baptisent leurs enfants et quifont le signe de la croix' 1 2 ; en certains districts ils pratiquent la circon-cision, ailleurs elle est défendue; les jeûnes sont strictement observés chezles Yezidi voisins de l’Arménie , tandis que d’autres Adorateurs du Diablese croient libres de manger en tout temps ; ici règne la polygamie, là unemonogamie stricte; jadis la plupart étaient toujours vêtus de bleu, actuel-lement ils abhorrent celte couleur et sont voués au blanc. D’ailleurs, lessectaires persécutés ont dû, comme les hérétiques du chiisme persan,apprendre à simuler les cérémonies des cultes officiels : il n’est pas desaint chrétien ou musulman, sunnite ou chiite, qu’ils n’acceptent commeleur et qu’ils ue vénèrent avec une ferveur apparente.

Le lien commun entre les Yezidi de diverse origine et de cultes distinctsest l’adoration du melck Taous, leur roi Paon ou Phénix , Seigneur de Yie,

1 Frederick Forbes, Journal of the Qeotjraphical Society, lSô'J.

2 Azahel Grant, The Xestorians.