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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

denrées, était située plus à l’est : le fort de Théodose ou Theodosiopolis,qui fut bâti au commencement du cinquième siècle au-dessus de la ville deGarin ou Karin, prit aussi le nom d’Arzen, mais ce fut l’Arzcn-er-Roum,ou l’Arzcn des « Romains », c’est-à-dire des Grecs de Ryzance. Peu decités furent plus fréquemment assiégées et conquises : place forte des By-zantins, des Persans Sassanides, des Arabes , des Mongols, des Turcs, desRusses , elle fut successivement prise et reprise par tous les peuples quise rencontrèrent sur ce faîte de l’Asie Antérieure. Elle appartint à tous,si ce n’est à la nation sur le territoire desquels elle se trouve; même avantla première invasion des Russes , les Arméniens d’Erzeroum avaient àsubir les pires humiliations de la part des Osmanli; maintenant, aucontraire, ceux d’entre eux qui se réclament de la protection du consul deRussie bravent impunément les Turcs, mais sans pouvoir espérer autredestinée que celle d’un changement de maîtres. Suivant les alternatives deguerre, la population a singulièrement varié; avant le siège de 1829,Erzeroum eut, dit-on, 150000 habitants ; l’année suivante elle était réduiteà 15 000 individus; les chiens ont été souvent les seuls occupants dequartiers abandonnés. La cité n’a plus de monuments remarquables, si cen’est sa pittoresque citadelle de basalte grisâtre et la mosquée des Deux-Minarets, revêtue de faïences émaillées dans le style persan. L’industrielocale ne comprend plus guère que la chaudronnerie et la préparation descuirs; le travail des armes, qui eut jadis si grande importance, n’occupeplus qu’un petit nombre d’ouvriers. Les mines ne sont plus exploitées,et pourtant ce pays est celui que les traditions représentent comme lapatrie des premiers forgerons, ces Tibaréniens et ces Chalybcs qui savaientdéjà fabriquer des armes et des instruments de bronze et de fer alors queleurs voisins en étaient encore aux engins néolithiques 1 .

A l’ouest d’Erzeroum , la route descend en suivant la rive du hautEuphrate Kara sou, dépasse bientôt les thermes d’Uidja, les plus fréquentésde l’Arménie , puis traverse plusieurs bassins populeux, alternant avecd’étroits défilés ; mais elle ne rencontre de ville qu’à la distance d’environ200 kilomètres, dans une plaine fertile que parcourent plusieurs ruisseaux,tributaires de l’Euphrate . Erzendjan ou Erzingan est une antique cité;avant l’ère chrétienne, Erez était fameuse en Arménie comme sanctuairede la déesse Analiid (Anaïtis), que les Hellènes confondirent avec Arté-mis , devenue ensuite la Diane romaine et enfin la Panagia des chré-tiens; l’ancien temple d’Anahid fut transformé en église de la Vierge.

* Cari Ritter, Asien, vol. X ; — François Lenormant , Les Premières Civilisations.