NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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Egltin, que de Moltke dit être « ce qu’il a vu en Asie de plus grandiose etde plus beau », est un lieu de retraite pour un grand nombre d’Arméniensqui ont fait fortune à Constantinople ou dans les villes de la plaine : ban-quiers, négociants, portefaix viennent y jouir de leur fortune bien ou malacquise ou prendre une retraite chèrement achetée. Dans la vallée tributairedu Tchalla-tehaï, la ville importante est Divrig ou Divrigbi, que l’on croitbâtie sur l’emplacement de la Aicopolis ou « Cité de la Victoire », quirappelait le triomphe de Pompée sur Mithridate 1 . Le goitre est une infir-mité très commune dans cette région des montagnes, surtout à Eghin.
A l’orient d’Er/.eroum, la route de Perse franchit un col facile (2090 mè-tres), élevé seulement de 125 mètres au-dessus de la ville, le Devebboïnou, — « col du Chameau », — jadis fortifié pour défendre la villecontre les Dusses; le seuil sépare le bassin de l’Euphrate et celui de l’Araxe .De ce côté aussi une forteresse, maintenant impuissante contre les Dusses,défendait le passage. Ilassan-kaleh ou le « château de Hassan » n’est plusqu’un petit groupe de masures, au pied d’une colline où se voient lesdébris d’un fort, que la tradition unanime, mais erronée, attribue auxGénois 2 : les marchands italiens auraient bordé de châteaux la route descaravanes entre Trébizonde et Tabriz . Près de IJassan-kaleli jaillissent dessources thermales, qui sont parmi les plus fréquentées île l’Arménie , siriche en fontaines minérales d’une haute température.
En aval de Ilassan-kaleh, près de la frontière transcaucasienne, la routese bifurque : un chemin, se dirigeant au nord-est, suit l’Araxe jusqu’aubourg de Kliorassau, puis gravit les plateaux pour gagner la place forte deKars , tandis que le chemin de Perse, restant sur le territoire turc, franchitle fleuve sur le « Pont du Berger » que la légende attribue à Darius, filsd’Hyslaspes, et par de nombreux circuits s’élève sur le seuil de Deli-hahaou du « Père Fou », d’où l’on redescend dans la vallée du hautMourad-tchaï, l’Euphrate oriental. Là point de villes. Topra-kaleli, jadis centre depopulation arménienne, a été presque entièrement abandonnée après lapremière invasion des Dusses et n’offre guère que des ruines. Oulch-kilissaou les « Trois Eglises », située plus haut dans une cluse du Mourad-tchaï,n’est qu’un lieu de pèlerinage où les Arméniens viennent de toutes parts,même du fond de la Perse et des bords du Don, visiter les reliques de Sourgh-Oannes ou saint Jean-Baptiste, transmises de martyr en martyr, dit la lé-gende, à Grégoire lTlluminatcur 3 . Plus haut encore, Diyadin, bâtie au pied
< Von Moltke , Briefa über Zustande uml Begebenheiten in der Tiirkei.
- Brant, Journal of Ihe Geographical Society, 1856; — Cari Ritter, Asien , vol. N.
■' Moritz Wagner, Beise nach Persien vnd dem Lande der Kurden; — Cari Ritter, Asien , vol- \ lit.