B ABYLON’IE.
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versale du golfe Persique va raser au nord-ouest la zone littorale de laMéditerranée et par une brèche des montagnes communique avec la bassevallée de l’Oronte : la dépression naturelle se maintient de l’une à l’autremer. Dès que les hommes eurent appris à diriger leurs embarcations surles flots, l’Euphrate devait être l’intermédiaire entre l’Orient et l’Occi-dent et remplacer les sentiers difficiles de l’Iran à travers les plateaux etles monts. La voie de l’Euphrate offre, quoique à un degré moindre, desavantages analogues à ceux du Nil et le mouvement de l’histoire s’y estaccompli d’une manière parallèle. La Babylonie est la rivale naturelle del’Egypte dans le commerce du monde; aussi les souverains puissants del’une ou de l’autre contrée ont toujours tenté de conquérir le chemin rivalpour en supprimer ou pour en utiliser la concurrence 1 . Au moins pendantune époque, la Mésopotamie paraît avoir eu l’avantage comme centre deséchanges. Il y a vingt-cinq siècles, Babylonc était l’entrepôt des richessesde l’Inde et, pour avoir en sa possession tout le chemin dn transit, le roiN'abuchodonozor, déjà maître du port de Teredon, sur le golfe Persique ,s’empara deTyr, sur la Méditerranée. L’Euphrate , devenu alors la principalevoie commerciale du monde, dépassa même en importance le chemin dela mer Rouge et du Nil . Les conquérants perses, habitués aux routes desplateaux et sans expérience des choses de la mer, arrêtèrent le mouve-ment des échanges entre l’Inde et la Mésopotamie ; voyant dans les fleuvesdes lignes de défense et non des routes, ils en coupèrent le cours par desbarrages, afin d’empêcher la navigation et se garantir contre les tentativesd’attaque. Devenu maître de l’empire des Perses aussi bien que des régionsdu Nil , Alexandre, qui comprenait la valeur des deux grandes voies com-merciales tombées en son pouvoir, essaya de restaurer le chemin del’Euphrate . Il détruisit les barrages qui arrêtaient les eaux, rectifia lecours des deux fleuves, rétablit le port de Teredon, fit construire desflottes et creuser à Babylone un bassin où pouvaient se remiser jusqu’àmille bâtiments. Ces efforts ne furent point inutiles, et non seulementsous la domination grecque, mais encore après les Sélcucides, le courantde l’Euphrate resta le chemin entre l’Orient et l’Occident . Sous les califes,lorsque les Arabes avaient encore cette force du premier élan qui leurdonna la moitié du monde connu, les marchés de la Mésopotamie reprirentleur activité dans le trafic international. Plus tard la solitude se fit danscette région de l’empire turc, mais ne voit-on déjà les signes avant-cou-reurs d’un retour de fortune pour la Mésopotamie ? Le reflux de la civili-