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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

sation se propage vers les contrées d’où nous est venu le flot. Athènes .Smyrne et Alexandrie ont surgi de nouveau; de même, Babylonc renaîtra.

Prise dans l’ensemble de son histoire, cette région de l’Asie Antérieureest une de celles qui ont joui de la plus longue civilisation. Lorsque lesMèdcs et les Perses héritèrent de la puissance assyrienne , il y avait déjàdes milliers d’années que les dynasties des Chaldécns, des Elamites, desBabyloniens, des Ninivitcs se succédaient dans les plaines de Mésopotamie et que leurs institutions, leurs cultes et leurs idiomes accomplissaientleur évolution. Les riverains des Deux Fleuves dataient leur histoiremythique des temps où se lit la grande inondation qui donna naissance àla tradition du déluge, empruntée par la Bible presque textuellement àleurs récits 1 , et leurs annales authentiques commencent pour nous à plusde quarante et un siècles en arrière*. Mais par delà cette date désormaislîxée, quelle longue période de culture dut s’écouler pour que les divers élé-ments représentés par les Scythes ou Touraniens, « les plus anciens deshommes »% par les Iraniens, les Sémites, les insulaires de Tilmoun, —peut-être le Bahreïn de nos jours, — aient pu se mélanger et donnernaissance à des religions, à des mœurs, à des institutions politiques ayantun caractère d’unité ! Les recherches récentes ne tendent-elles pas aussi àprouver que la science des Chinois, si longtemps considérée comme ayanteu une origine spontanée sur le versant oriental de l’Ancien Monde, a pour-tant une filiation chaldéennc et commence sur les bords de l'Euphrate *.La magie de Babylonc se retrouve jusque chez les Toungouscs.

Tel fut l’ascendant de la civilisation des Chaldécns, que, dans leurslégendes, les populations des alentours placèrent entre les deux fleuves celieu idéal où les premiers hommes auraient vécu dans l’innocence et dansla joie. Comme tous les peuples, ceux du bassin de l’Euphrate devaientreporter leur vénération particulière vers la contrée d’où leur étaientvenus les arts et les sciences, et celte contrée se transformait à leurs yeuxen une région de bonheur, un « paradis », un « Eden » où la mort nerégnait pas, où le serpent tentateur ne s’était pas glissé. Les Iraniensregardaient vers les vallées de l’Elbordj ou Elbourz ; les Hindous se tour-naient vers les « Sept Bivières » que domine le mont Mérou ; de mêmeles Hébreux, venus de la Mésopotamie , avaient les yeux fixés sur la région

4 Fr. Lenormant, mémoires divers ; —illaupt, Sintflulbericht, etc.

i Fritz Itommel, Die Yorsemitischen Kulturen in Aegypten und Babylonien .

3 Richard Lepsius ;—Wahrmund, Babylonierthum.

4 Lenormant; — Terrien de la Couperie, On tlie Shilling of tlie cardinal Points, as an illustra-tion of tlie Chalclæn-Babylonian culture borrowed by tlie early Chinese.