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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
phrate; au Leleki-baïr, où les eaux se séparent, les unes courant au Tigre,les autres allant former les affluents du Djakhdjakh et du Kliabour, la crêteest dix fois plus éloignée de l’Euphrate que du fleuve oriental. Elle seprolonge au sud pour former les massifs du Kara tcliok et du Boutman, quidominent le Tigre et le forcent à décrire des méandres vers Test. De soncôté, le Boutman se rattache à l’extrémité orientale d’une chaîne qui s’avanceau loin vers le sud-ouest dans les steppes de la Mésopotamie moyenne : c'estle Sindjar, le Singali des Kourdes, arête peu élevée, et néanmoins d’unaspect grandiose, grâce à son isolement au milieu des solitudes : des rivesfluviales, on ne voit, dans la région déserte, que les escarpements du Sin-djar et des roches qui le continuent à l’ouest, le Djebel Aklidal et le DjebelAziz, profilant leur crête inégale au-dessus des poussières du désert etrecommençant au delà de l’Euphrate pour aller rejoindre TAnti-Lihan parle Djebel Amour et le Djebel Ruak*. Rarement visité, le Sindjar est pour-tant un centre de population, à cause des pluies qui ruissellent sur lespentes; les grottes nombreuses qui s’ouvrent dans les rochers calcairesont fréquemment servi d’asile aux Yezides pourchassés qui habitent lesvillages du pourtour. Les plaines qui s’étendent à l’ouest du Sindjar versl’Euphrate ont vu s’accomplir, au commencement du neuvième siècle, ungrand évènement scientifique : la mesure d’un degré du méridien parune réunion d’astronomes arabes; d’après leurs observations, la longueurdu degré aurait été de 56 milles arabes et deux tiers. Mais quelle était àcette époque la valeur précise du mille? D’après Bœek, Terreur des astro-nomes envoyés par Al Mamoun aurait été de près d’un dixième en trop;d’après Ivhanikov, l’écart serait seulement d’un cinquantième 2 .
Au sud du Sindjar, il n’y a plus dans la région mésopotamienne que desmonticules peu élevés, presque tous artificiels, et des tables de rochersérodés par l’eau des ouadi. A Test du Tigre , le sol se relève partout enremparts montagneux, mais ces roches, que traversent les affluents dufleuve, appartiennent au système iranien , orienté du nord-ouest au sud-est, et se prolongent parallèlement aux chaînes bordières de la Perse,dont on voit, des jardins de Bagdad, resplendir les sommets neigeux. Aunord-est de Mossoul , les diverses rangées de montagnes, beaucoup plusirrégulières que celles de l’Iran et s’unissant en plusieurs endroits pourformer de hauts massifs, dépassent 4000 mètres par un grand nombre decimes; le Toura Djelou, à l’orient du grand Zab, aurait, d’après bavard,