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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
par ce bassin, centre naturel de croisement entre l’Arménie et la Syrie ,entre l’Asie Mineure et le bas Euphrate ; cette dépression, qui continue àl’ouest la haute vallée du Tigre, était la route indiquée aux caravanes etaux armées se rendant de la Perse aux côtes de l’Ionie . Des inscriptionscunéiformes gravées sur un rocher qui domine l’Euphrate au lieu de pas-sage rappellent à l’étranger quelque haut fait de guerre oublié et la gloired’un conquérant perse dont les savants cherchent à déchiffrer le nom.
Dans le bassin de Malatia , le lleuvc est encore à l’altitude de 847 mètreset le rempart du Taurus le sépare de la plaine inférieure. Se recourbantd’abord à l’est pour longer la base septentrionale des montagnes, le cou-rant s’engage bientôt au sud-est entre des escarpements rocheux quis’élèvent à plus de 500 mètres : là commencent les rapides ou «cataractes »de l’Euphrate , auxquelles les Turcs donnent le nom de «Quarante Défilés».Les rapides, au nombre d’environ trois cents, se succèdent sur un espacede 150 kilomètres, si rapprochés en maints endroits, qu’après avoir dé-passé un rapide on entend déjà les eaux gronder sur le barrage suivant.Parfois, pendant l’hiver, les glaçons s’arrêtent sur les écueils et s’accu-mulent en embâcles qui permettent aux villageois de traverser le lleuve.Suivant la hauteur des eaux, les rapides sont plus ou moins périlleux;tantôt le flot s’enfuit en formant un plan incliné de vagues successives,tantôt il s’abat en cascades; les tourbillons se déplacent, et tandis que dansune saison les eaux tournoient avec lenteur, à d’autres époques elless’élancent d’un mouvement furieux et se creusent un entonnoir entouréd’écume. A droite et à gauche, les ruisseaux descendent des montagnes,les uns coulant en des ravins par lesquels le regard remonte jusqu’auxterrasses supérieures avec leurs prairies ombragées de noyers, les autresse précipitant en cascatelles bruyantes, ou bien même plongeant du hautd’une corniche d’où s’élancent aussi, mêlés à la colonne d’eau, des blocs etdes pierrailles.
Un des rapides les plus dangereux est le premier que l’on rencontre envenant de la plaine de Malatia : c’est le «Remous du Serpent », ainsi nommédes ondulations du flot, qui descend de 5 mètres sur une longueur de 180.D’autres rapides formidables se succèdent près de Telek, là où l’Euphrate ,tournant brusquement au sud et au sud-ouest, passe au-dessous du pla-teau sur lequel jaillit, à 400 mètres plus haut, la source du Tigre occi-dental; des eaux sulfureuses s’élancent d’une fissure du rocher près descataractes et se révèlent de loin par leurs volutes de vapeurs ; plus bas,un éboulis a rétréci le fleuve et le lit, dont la largeur moyenne, dépassanten amont 200 mètres, se réduit ici à une trentaine de mètres : cet étrangle-