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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Ramsès 1 . Cotte région insulaire commence, dans le sens strict du mot, aucoude de Tolok, là où les cataractes de l'Euphrate ne sont séparées dessources du Tigre que par un étroit rempart de rochers; mais au point devue géographique, pour l’aspect du sol, le climat, les productions, les habi-tants et l’histoire, la véritable Mésopotamie est simplement la plaine danslaquelle s’entremêlent les eaux d’irrigation dérivées des deux courants. Unrempart, qui commence au Tigre près du méandre de Samara, et qui sedirige au sud-ouest vers l’extrémité occidentale du canal de Saklaviyah,limite au nord cette région fertile de l’Entre Deux Fleuves. Ce mur, appelé« rempart de Aemrod », s’élevait à la hauteur moyenne de 11 à 15 mètreset des tours le flanquaient à 50 mètres d’intervalle; mais en beaucoupd’endroits, il n’en reste que d’informes débris 3 .

L’Euphrate est peu utilisé pour la navigation, quoique depuis 1850 desbateaux à vapeur aient descendu le fleuve en aval de Riredjik. A diversesépoques, depuis Alexandre, cette voie transversale de l’Asie Antérieurefut parcourue par des flottes de guerre; l’empereur Julien n’y réunit pasmoins de onze cents navires. Pendant les périodes de paix, lorsque les ba-teliers n’ont pas à craindre les exactions des soldats ou les attaques despillards, le commerce reprend entre les escales du fleuve pour le transportdes fruits et autres denrées; les chalands, longs de 12 mètres et calant unmètre, naviguent sans danger sur l’Euphrate moyen pendant les deux tiersde l’année 3 , .avec un chargement de 15 tonnes. Depuis 1505, époque àlaquelle un marchand vénitien , Cesare Federigo, descendit de Riredjik àFeloudja, le port de Iîagdad sur l’Euphrate, des voyageurs européens ontfréquemment pris la voie fluviale pour se rendre du littoral méditerranéenaux villes de la Mésopotamie . Avant l’application de la vapeur à la navi-gation, le grand obstacle au trafic provenait de la difficulté de remonterles barques vers l’amont : la plupart des chalands étaient dépecés à l’arri-vée, vendus comme bois de construction ou de chauffage, et, de mêmequ’au temps d’IIérodote, les bateliers s’en retournaient par terre, soit enlongeant la rive, soit en prenant le chemin plus court, mais plus pénible,du désert 4 . La rareté du bois sur les montagnes de l’Arménie et sur leTaurus contribue à rendre la navigation batelière fort coûteuse, et sur lebas Euphrate , en aval de Hit et de ses sources d’asphalte, on se sert

* Ernest Dosjnnlins. Noies manuscrites.

- Cliesncv, Expédition on tlie Rivers Euphrates and Tigris; — Spiegel, Eranische Alterthums-hunde.

5 Josef Cernik, mémoire rite.

4 Chesney, Expédition of tlie Survey of the rivers Euphrates and Tigris.