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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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même qui dépassent 10 mètres. A la longue, les cultivateurs se fatiguaientd’entretenir ces canaux à double rempart latéral ; ils en creusaient unsecond, puis un troisième, dont les levées se dressaient successivement autravers de la plaine; en maints endroits, cinq ou six de ces anciens canauxbordent l’horizon de leurs murs parallèles, qui ressemblent à des lignes deretranchements*. Rien ne serait plus facile que de remettre ces canaux enétat par le déblai des sables et des vases qui les ont obstrués. Les exemplesmodernes de pareilles restaurations ne manquent pas : c'est ainsi qu’enjuillet 1858 un bateau à vapeur descendit le canal de Saklaviyali jusqu’auTigre à Bagdad. Depuis, on a réparé d’autres canaux babyloniens ; mais lesrigoles d’arrosement que l’on creuse de nos jours sont pour la plupart dedimensions bien plus modestes que celles des anciens; elles n’ont pascette largeur de 20 à 80 mètres qui en faisait de véritables fleuves, et nesont point pourvues de réservoirs régulateurs pavés et maçonnés, commeceux que l’on voit çà et là, perdus dans l'intérieur des terres; abandonnéesdepuis des centaines d’années, ces œuvres ne sont plus entourées de verdurecomme jadis : tout autour la plaine s’étend à perte de vue, blanched’efflorescences salines. Quant à la construction des levées fluviales, lesriverains, Arabes ou autres, savent encore la pratiquer avec art : des branchesde tamaris et des roseaux leur servent à former des fascines élastiques etpar cela même plus résistantes que la pierre; les vases, se logeant dans lesinterstices, donnent un corps aux revêtements des berges cl contribuent àleur solidité.

A quelques kilomètres en aval de la jonction, le Chal-el-Arab reçoit unaffluent considérable, la Kerklia, la rivière persane qui descend des mon-tagnes du Louristan . Large d’un demi-kilomètre en moyenne et profondde G à 10 mètres, le « Fleuve des Arabes » est un des grands cours d’eaude l’Asie , sans que toutefois on puisse le comparer à des courants tels quele àangtze, le Gange , le Bralnnapoulra; il est même très inférieur auDanube, le rival de l’Euphrate pour la longueur du cours, mais traversantun pays plus humide. Le débit moyen du Chat-el-Arab est évalué par Barnsà GGOG mètres cubes par seconde, ce qui représente un écoulement d’en-viron 5 décimètres pour toute la surface du bassin : la profondeur du golfePersiquc étant évaluée à 75 mètres, il faudrait aux eaux du Chat-el-Arab environ soixante-dix années pour remplir cette cavité, si elle avait étémise à sec par quelque phénomène de la nature. Les molécules argileusesqu’il tient en suspension se déposent à l’embouchure et forment au large

Rewshcr. Journal of the Gcoijrapltical Society . 1867.