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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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C II A T—E L—A R A lî, CLIMAT DE LA MÉSOPOTAMIE .

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(■ouvrent les espaces salins élevés au-dessus du niveau d’inondation, tan-dis que la terre déjà ferme, mais encore inondée périodiquement parles eaux douces, porte une espèce de roseau, le marinais clalm, dont lesracines fibreuses s’entremêlent en un tissu tellement épais, que le solest transformé en une sorte de feutre résistant aux plus fortes crues; là oùle mariscus s’est emparé du sol, il ne se fait plus d’érosion : l’eau "lissele long des rivages sans entamer le lacis inextricable des racines*. Dansles eaux basses et limoneuses qui bordent la zone des roseaux, vivent parmyriades des grondins qui se creusent des trous dans la vase et la sou-lèvent peu à peu, facilitant ainsi l’empiètement des plantes. La faune duCbat-el-Arab est en partie marine. Les requins remontent avec la maréejusqu’à Bassorah, et même plus haut, dans le Tigre et dans l’Euphrate ,mais ils entrent pour la plupart dans le Karoun, dont l’eau, descendue desmontagnes du Khouzislan, est beaucoup plus fraîche; à quelques cen-taines de mètres, la température diffère de 8 degrés centigrades. Jusqu’aubarrage d’Ahwaz , les bateliers rencontrent ces requins dans le Karoun;on en voit même dans le voisinage de Clioustcr*.

Sur les rives des deux fleuves et dans les steppes, jusqu’au pied du Sind-jar et des montagnes de Mardin , les chaleurs de l’été sont presque intolé-rables. Les froids de l’hiver y sont aussi fort pénibles à supporter, surtoutdans la campagne rase ; les mares gèlent pendant les nuits : quand souffle levent du nord, les Arabes tombent de leurs chevaux comme des masses; leschameaux, aux membres raidis par le froid, ne peuvent plus avancer 3 . Larégion mésopolainienne ne doit qu’à ses deux fleuves sa remarquableindividualité géographique : par le, climat, elle est une zone de transitionoù s’entrecroisent les phénomènes météorologiques des régions voisines"t où se rencontrent des faunes et des flores appartenant à des aires diffé-rentes. Tandis que les districts septentrionaux sont occupés par les avant-monts du Ivourdistan et les premiers gradins du plateau de la Perse, devastes espaces compris entre les fleuves sont des steppes d’argiles oude rochers, et la végétation qui borde la rive droite de l’Euphrate estlimitée par les sables du désert ou les efflorescences salines des maraisdesséchés. D’un côté, les pentes des montagnes se parent au printemps des

1 Ainsworth, Researches in Assyria.

- Ilnutum Schindlcr, Zeitschrift (1er Gcsellschaft furErdhimk, LS77 ; — Gratlan Geary, ThrouqliAsiatic Turketj

'• Loftus, Susiana and Chaldæa; - Millier, Bulletin de la Société de Géographie de Paris, 1S84

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