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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
fleurs les plus variées et les troupeaux de gazelles se cachent dans l’herhoépaisse; de l’autre, le sol aride n’offre que de maigres broussailles et lafaune sauvage n’est représentée que par les fauves rôdant autour de lalente du Bédouin. De Bagdad à Mardin on ne voit peut-être pas six arbres,si ce n’est dans les fonds cultivés et sur le sommet des collines. Cepen-dant les steppes du nord offrent aussi des terrains d’une grande fertilité,où pourraient vivre des millions d’hommes s’ils utilisaient les eaux des tor-rents et détournaient à leur prolit les courants du Tigre et de l’Euphrate ;au printemps, les chiens de chasse qui parcourent la steppe revien-nent tout jaunis par le pollen des fleurs 1 . La grande plaine, verdoyante defévrier en mai, jaune pendant le reste de l’année, appartient à la zone russepar ses armoises, à l’aire saharienne par ses mimeuses, au bassin méditer-ranéen par ses graminées 4 . D'après la plupart des botanistes, confirmant ceque disait Bérose il y a vingt-trois siècles, la plaine des Deux Fleuves est lacontrée par excellence des céréales : c’est là qu’a été pétri le premier pain ;dès le commencement du siècle, en 1807, le voyageur Olivier découvrit,dans un ravin impropre à la culture, du blé, de l’orge et de l’épeautre àl’état spontané, et depuis cette époque plusieurs botanistes ont retrouvé cesespèces dans la région de l’Euphrate moyen 3 . Du sud au nord et de l’ouestà l’est, la Mésopotamie offre une succession de zones, séparées les unes îlesautres par des lignes irrégulières. Les palmiers ne dépassent pas au nordla hase méridionale du Sindjar; sur l’Euphrate , la dernière grande palme-raie est celle d’Anah ; à Tekrit, sur le Tigre , se montrent les deux derniersdattiers à fruits, avant-gardes des forêts de la basse Mésopotamie •' ilsindiquent la limite naturelle de la domination arabe, et plus au nord com-mence le domaine de l’olivier Lourde et arménien. Le cotonnier croît dansles plaines de Diarbekir , mais on ne le voit pas au delà; plus haut, lesarbres fruitiers d’Europe, toutefois originaires de l’Asie antérieure, pom-miers, poiriers, abricotiers entourent les villages, mais il n’y a point decerisiers, comme dans l’Arménie du nord et sur le littoral pontique.
Dans les plaines d’Entre Deux Fleuves, le lion errait encore au milieu dusiècle jusque dans le voisinage des montagnes de Mardin 1 : mais il a dis-paru des bords du Tigre moyen en amont des marais de la Kerkha. L’élé-phant et le taureau sauvage, que les souverains d’Assyrie chassaient dans
' Bavard, ÎYinev.di and Babt/Ion.
- Grischach, Yéyétalion du Globe, trnd. par P. de Tcliihatrheff.
'■ A. de Caudolle. Origine des plantes cultivées; — Ilelfer, Reisen in Yordcr-Asien; — AnneBlunt, The Bédouins of the Euphrates; — Menant, Babylone et Clialdée.
■ Von Moltkc, Bas nôrdliche Yorland Kleinasiens; — Anne Bliinl, ouvrage cité.