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Do même que le christianisme, le mahométisme a donné naissance à ungrand nombre de sectes dans ce pays où s’entremêlent tant de traditionsreligieuses. Toutes les sectes de l'Orient ont leurs représentants dans laMésopotamie . Les Wahabi d’Arabie y ont des communautés jalousementsurveillées; les Dabi de Perse y tiennent leurs conciliabules secrets; surles bords du Tigre des milliers de musulmans se disent les disciples deTakliound, l’humble et pauvre prêtre de la vallée du Swat, dans l’Afgha-nistan 1 ; il existerait aussi chez les Montclik et autres Arabes du bas Eu-phrate et du Chat-cl-Arab quelques adhérents de la confrérie religieuse desSenoùsiya, née en Algérie , où elle a suscité de sérieux embarras auxFrançais *. En dehors des sectes persécutées qui sont obligées de simuleren public une religion permise et qui pratiquent la leur propre en secret,il est des villages où deux cultes sont en honneur. Les habitants de Mos-soul, musulmans et chrétiens, ont le même patron, Djerdjis ou saintGeorges. En mainte région de la Mésopotamie , notamment à Orfa, lesmusulmanes font des offrandes à Aotre-Dame pour obtenir des enfants;si leur vœu réussit, elles ne manquent pas de se rendre à l’église pour yprésenter leurs actions de grâces et s’enquièrent soigneusement des ritesqu’il faut accomplir à la mode chrétienne 5 . D’autre part, il est de nom-breux Bédouins qui seraient en peine de dire à quelle religion ils appar-tiennent : ils redoutent le mauvais œil et le conjurent par des gestescomme les iN’apolitains ; mais ils ne s’astreignent même pas à faire desprières, et n’ont de mahométan que le nom*.
Dans les villes, la pc^ ' ' arabe, mélangée d’éléments turcs et chal-déens, professe le dogme sunnite; cependant la Babylonie renferme leslieux les plus vénérés des chiites après la Mecque : lverbela, où se trouve letombeau de Hussein; Nedjcf, où s’élèvent les coupoles de la mosquée d’Ali.Les fidèles chiites assez heureux pour vivre et mourir dans ces lieux saintsn’auront rien à craindre de l’enfer et ne seront même pas responsables desmauvaises actions commises ici-bas. Aussi des milliers de Persans et descentaines d’opulents Hindous de la secte chiite se sont-ils établis, soit àBagdad ou à Gliadim, à proximité des tombeaux sacrés, soit même à A'edjcfou à Kcrbcla, et très nombreux sont les riches Iraniens qui, n’ayant paseu le bonheur de vivre sur la terre bénie, demandent en mourant que
! Gnittan Gcary, Through Asialic Turkeg.
- II. Duvcyrier, iSotes manuscrites.
De Gobineau, Les Religions et Philosophies dans l’Asie Centrale ; — Guardiagrele , Annales deh Propagation de la Foi, 1875.
* Anne liluut, Bédouin Tribes of the Euplirates.
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