426
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
autres petits objets. Les premières fouilles se firent seulement en 1843,sous la direction de Botta, consul français de Mossoul : ce fut le commen-cement de ces explorations souterraines qui ont révélé tout un art inconnuet fait naître une science nouvelle en déroulant les annales de l’Assyrie ,en représentant des cérémonies et les fêtes de son peuple. Mais il resteencore de grandes découvertes à faire. Même le tertre de Kouyoundjik,fouillé surtout par les archéologues anglais, Layard , Loftus, Smith,n’est pas connu en son entier; on n’a que les plans partiels des deuxpalais qui y ont été découverts et d’où l’on a retiré les majestueux colosses,du poids de trente à quarante tonnes, placés maintenant dans les salles dumusée Britannique, et, l’estes plus précieux encore, des bibliothèquesentières, composées de tablettes en terre cuite, dont chacune était commele feuillet d’un livre. Quant au tertre de Jouas, il resta inexploré jus-qu’en 1879 : l’édicule qui le domine, les tombes musulmanes qui enrecouvrent les pentes, le petit village qui se blottit à la base, seul groupede maisons qui se trouve sur l’emplacement de l’antique Ninivc, empê-chèrent longtemps que ce lieu sacré ne fût « profané » par les mains desghiaour. Le Chaldéen Ilormuzd Rassam a reconnu récemment sous labutte les restes d’un palais de Sennacherib .
La ruine la mieux étudiée, parmi tous ces débris de cités assyriennes,est celle de Khorsabad ou Klios-robat, à une vingtaine de kilomètres aunord-est de Mossoul , bien en dehors des limites de Ninivc : c’était, suivantl’expression de M. Perrot, le « Versailles d’un Louis XIV assyrien ». La villeétait petite, ne couvrant pas même 3 kilomètres carrés, mais son enceinteest la mieux conservée de toutes, et le palais, exploré méthodiquement,par Botta et le continuateur de son œuvre, Place, est de tous les monu-ments de la Mésopotamie le mieux connu dans ses détails. Les fouilles nese sont arrêtées qu’aux limites mêmes de la plateforme, dont la superficieest d’environ dix hectares. Ce palais fut bâti entre les années 705 et 722 dePère ancienne, sous le règne de Sargon , dont les bas-reliefs et les inscrip-tions, se développant sur une longueur de 2 kilomètres, rappellent la gloireet la puissance, oubliées naguère. On peut juger du travail prodigieuxque représentait une construction fastueuse comme la « ville de Sargon »(llisr-Sargon ou Dour-Saryoukin), par ce fait, que les murailles extérieuresn’avaient pas moins de 24 mètres en épaisseur et de 31 mètres et demi enhauteur. A côté du palais se dressait la tour à étages ou zigurat, peut-êtreun observatoire, qui rappelle les tombeaux d’Égypte par sa forme pyra-midale. Place en a déblayé la base et reconnu les masses régulières de quatreétages superposés, ainsi que la rampe extérieure, ayant encore quelques