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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
sont renommées pour leur beauté. Très pittoresque, la ville est bâtie à1100 mètres sur un roclier calcaire tout crevassé et couronné par une for-teresse blanche, que la renommée dit imprenable; à cent mètres plushaut, une pointe de roc porte encore un fort, dressé comme un observa-toire au-dessus de la contrée. Placée dans le voisinage du col qui faitcommuniquer directement Diarbekir avec les plaines de la Mésopotamie , etque traverse une route « presque carrossable », Mardin a de l’importanceau point de vue stratégique, mais elle est trop difficile d’accès pour fairegrand commerce; la route des caravanes longe la base de ses montagnespour se dirigera l’est vers Nisibin et Mossoul . A 25 kilomètres au sud-estde Mardin , elle passe à l’issue d’un défilé que défendait la cité byzantinede Para. Les tours crénelées, les volées de marches, les arcades et lescolonnades taillées dans le roc se sont maintenues intactes; on cherche desyeux la foule qui devrait se presser à la porte des temples et sur les esca-liers de la grande cité souterraine, mais toute la population se compose dequelques familles turkmènes, gîtant <jà et là dans les grottes et les décom-bres. A l’est, dans les montagnes de Tour Abdin, Midyat est la métropoledes Jacobiles. Aisibin, la Aisibis qui fut la résidence de Tigrane et dont lesRomains firent une citadelle contre les Parthes, la « seconde Antioche » quel’on dit avoir enfermé des centaines de milliers d’habitants, occupe unefaible partie de l’espace entouré par l’ancien fossé de circonvallation; lescolonnes d’un temple se sont conservées, ainsi qu'un pont romain jeté surle Djakhdjakh, la bruyante rivière qui s’enfuit vers le Khabour . C’est dansce même bassin du Khabour, au sud-ouest de Mardin , que l’explorateurSachau croit avoir découvert l’emplacement si longtemps cherché de Tigra-noccrtes : ce serait le Tell Ermcn ou la « Butte Arménienne», près du villagede Dunaïsir; mais on n’y a point remarqué de ruines. Ras-cl-Aïn ou la« Tète de l’Eau », dans la plaine arrosée de Khabour , était naguère lecentre de colonies de Caucasiens Tchetchenzes ; mais, pourchassés par lesArabes des tribus environnantes, qui les accusaient de voler des chevauxet des enfants, la plupart des nouveau-venus ont été massacrés ou biense sont expatriés pour entrer dans la gendarmerie turque 1 . Au fond dela plaine, jadis si populeuse, aujourd’hui presque déserte, où serpente leKhabour , se prolonge de l'est à l’ouest la chaîne interrompue du Sindjar,dont le chef-lieu, Sindjar, le Singali des Kourdes, le Beled des Arabes , estle marché principal des Yczidcs. On dit que dans les rochers du Djebel-Aziz, à l’ouest du Sindjar, s’ouvre un gouffre « sans fond » où les Yezides
Sachau, ouvrage cité; — Graltan G cary, Through Asialic Turkey.