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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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MIDYAT, XISIBIX, TELL ERMEX, RAKKA , DEIR.

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vont faire chaque année leurs offrandes au diable, eu y jetant des joyauxet des pièces d’or et d’argent*.

Sur les bords de l'Euphrate comme dans les stoppes traversées par lelvl labour, les cités ruinées, toutes indiquées par des tell qui portaient lesacropoles, sont plus nombreuses que les bourgades encore habitées etcelles-ci ne sont pour la plupart que les humbles restes d’agglomérationsconsidérables. Balis n’est plus qu’un château délabré situé sur une falaisecrayeuse, à l’endroit où le fleuve, cessant de couler parallèlement au littoralde la Syrie, descend au sud-est vers le golfe Persique . Thapsacus ou le« Passage » a cessé d’exister. Rakka, à peu de distance en amont de lajonction du Belik, n’a plus rien qui rappelle les villes grecques de A'i-kephorion, Kallinikon, Leontopolis, qui se succédèrent en cet endroit, etl’on n’y voit plus que de misérables fragments du palais qu’y avait faitbâtir llaroun ar Iiachid, lorsque Rakka devint sa capitale. C’est près de là,dans les plaines de Se (‘fin, que se livrèrent, entre l’armée d’Ali et celle deMoavieb.ces combats qui devaient décider de l’ordre de succession au cali-fat. Jamais peut-être on ne vit pareil acharnement : la bataille ne futdécidée qu’après 90 rencontres, presque une par jour, et coûta la vie à70 000 hommes, la moitié des combattants: dans cette contrée où sesont si souvent entrechoquées les nations, le « sol même est histoire 1 2 ».

Zelibi, l’ancienne Zenobia, haut perchée sur son roc, an pied duquel(lassaient les caravanes de Palmyre se dirigeant vers la Perse, n’a que desfragments épars de ses édifices, bâtis en albâtre translucide 3 . La ville quicommande maintenant le passage dans cette région est la place militairede Deïr (Dcr, Ed-l)cr) ou le « Couvent », peuplée de Turcs, de quelquescolons arabes et d’immigrants tcherkesses, auxquels est assigné un quartierspécial. Un pont, emporté par une crue en 1882, faisait communiquer laberge occidentale, sur laquelle est bâtie la cité, avec une grande île del’Euphrate , couverte de jardins, de rizières, de plantations de cotonnierset de tabac. En aval de Biredjik, qui se trouve à 400 kilomètres parle cours du fleuve, Deïr est le premier centre de culture et de trafic. Plusbas, là où le Ivhabour et l’Euphrate se réunissent au pied d’un promon-toire abrupt, toute la campagne est un vaste jardin; mais l’antique citégrecque de Ivirkesion, que l’on croyait naguère être la Karkhemich desHittites, où se heurtèrent les armées de l’Égvpte et de l’Assyrie , a faitplace à un groupe de masures, Bouseirah. En bas, dans la plaine, sur un

1 Kinncir, Voyage en Arménie, etc.

- AYalpolc, The Ansayris.

3 Relier; — Chesnev, Report on Sleam Navigation to India.

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