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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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ANAH, HIT, MOSSEÏB, BABVLONE.

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Bagdad à Kerbela. C’est à Mosscïh que, d’après les projets de Midhat-pacha ,devait être jeté sur l’Euphrate le viaduc de la voie ferrée.

La « grande Babylone », dont le nom désigne encore dans le monde lescités immenses où s’élèvent les édifices somptueux, où s’engouffrent lesrichesses des contrées environnantes, n’est plus qu’une plaine parsemée debuttes, amas de briques écroulées qui furent autrefois des palais et destemples. L’espace de ‘24 kilomètres de côté — soit 576 kilomètres carrés —qu’enfermaient les murs prodigieux de Babylone , est maintenant un désertdans presque toute son étendue; néanmoins, dans la partie méridionale del’antique Babel, s’élève une des villes considérables de la basse Mésopota-mie . Ombragée de dattiers, entourée de jardins magnifiques, percée de ruesplus propres que celles de Bagdad et possédant de riches bazars où se pressela foule des Arabes , Hilleh-el-Feïdah, « Ilillcli la Vaste », borde la rivedroite du fleuve et communique avec le faubourg de la rive opposée par unpont de bateaux, long de 200 mètres. Les avantages qu’offre cette partiedu fleuve, vers laquelle convergent les routes de la Syrie et des campe-ments arabes, ont été suffisants pour y faire renaître une ville, quoique lescapitales héritières de Babylone, Sélcucic, Ctésiphon, Koufa , Bagdad, luiaient enlevé les privilèges qui doivent appartenir à toute cité centrale dela Mésopotamie . ,

La butte babylonienne la plus rapprochée de Bagdad, à laquelle on donnespécialement le nom de Babil, la « Porte de Dieu », ou de Moudjelibeh, la« Renversée », sert de carrière depuis deux mille ans; ses briques ont étéemployées à édifier les villes environnantes. De nos jours encore, desfamilles entières, appartenant pour la plupart à la tribu des Babili, qui sedisent héritiers des Babyloniens d’autrefois, n’ont d’autre métier que defouiller ces amas de briques pour en retirer des matériaux de construc-tion 1 . Le tertre le plus élevé de la rive gauche est le Kasr, ou le « Palais »par excellence, élevé par A'abuchodonosor ; il n’a pas moins de 1500 mètresde tour. Plus au sud, et toujours sur la même rive, est la butte d’Amran,sur 1’cmplaeemcnt probable des jardins suspendus : aux temps qui sui-virent la mort d’Alexandre, ce monticule servait de nécropole, sans douteà cause des avantages que présentaient, pour le dépôt des morts, les gale-ries voûtées sur lesquelles reposaient les terrasses’. Plus au sud, dansl’oasis de palmiers où se trouve aujourd’hui le village de Djoumdjoumah,se trouvent les ruines de ce qui fut le bazar de Babylone et l’on en a retiré

' J.ayard, Ninevch and Rubylon.

- Perrot et Chipiez , Histoire de l'Art dans l’Antiquité, vol. IL