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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
meiils 1 * ; les briques de Ninive , où l’on a retrouvé le récit du déluge, ont étécopiées sur les tablettes d’Érckh. A en juger par les nécropoles immensesqui entourent Warka, aucune ville peut-être ne fut plus sacrée commelieu d’ensevelissement. C’est à des lieues de distance que s’étend la nécro-pole; sans doute les cadavres étaient expédiés de toutes les régions de laMésopotamie , comme ils le sont aujourd'hui de Perse àKerbela; les corpsdescendaient en convois sur les eaux de l'Euphrate , de même qu’au moyenâge ils suivaient le cours du Rhône jusque devant Arles , où des mainspieuses les recueillaient pour les déposer aux Aliscamps 8 . Plus au sud,d’autres grandes cités s’élevaient .aux premiers âges de la Chaldéc : telle futOur, qui était une ville puissante il y a plus de quarante siècles, et dontil ne reste plus qu’une butte imposante, liante de 00 mètres, le Mou-glieir ou « Bitume » des Arabes , ainsi nommé du ciment de naphle qui enrelie les assises de briques.
Ilabylone, héritière de toutes ces antiques cités, a gardé pour les popu-lations le prestige que donne un long passé de culture et de puissance. LesBédouins viennent contempler Babel; les Juifs, se rappelant les « saulesde Babylone 3 4 » sous lesquels pleuraient leurs pères, voient dans ce lieude captivité comme une seconde patrie ; elle fut le siège d’une écolefameuse, d’où sortit le savant docteur Ilillel, dont les préceptes ont été engrande partie conservés par le Talmud, et la Kabbale y prit son origine*.Au douzième siècle, lors du voyage de Benjamin de Tudela , vingt milleJuifs résidaient dans ce qui fut l’enceinte de Babylone . Tous les prêteurssur gages de llilleh sont Juifs, et c’est à eux qu’appartiennent, sinon lesterres environnantes, au moins les revenus du sol et des maisons. Levillage de Kilil, au sud des ruines, est une de leurs colonies, groupéeautour d’un tombeau qu’ils croient être celui d’Ezéchiel . Ce sanctuairedes bords de Ilindieh n’est pas moins vénéré que le tombeau d’Esdras sur la berge du Tigre , et de toutes parts accourent les pèlerins; jusqu’àvingt mille fidèles ont parfois campé dans la plaine autour de la bour-gade.
Le souvenir de la grande Babylone entre peut-être aussi pour une partdans la ferveur des pèlerins chiites qui, du fond de la Perse, de l’Inde , dela 'Transcaucasie , accourent vers les villes saintes de Kerbcla et de Aedjef.
1 Lonorinant; Menant; llommel; Delitzsch , etc.
1 Loftus, Chaldæa and Susiana.
'• Le salix Babylonien est plutôt un peuplier : c’est le gharab des Arabes , le bid des Persans;on le rencontre plus dans la Susiane que dans la Babylonic proprement dite ploutuin Schindler).
4 Munk, Palestine; Delitzscb, Jésus und Ilillel.