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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

de quel danger pour la salubrité publique sont les charniers de Kerbela et de Aedjef, surtout en temps d’épidémie. Les recherches des médecinssanitaires ont établi que la peste, lorsqu’elle est importée du Kourdislan,a toujours son foyer d’expansion dans les villes saintes de la Babylonie 1 2 .A 2 kilomètres à l’est de A'cdjef, un groupe de masures est ce qui reste deKoufa , qui fut jadis la capitale du califat et que l’on dit avoir été aussi con-sidérable que Babylone ; la ville d’artistes et de lettrés n’est plus connue(pie par ces belles inscriptions en « lettres kouliques « dont sont ornés lespalais et les mosquées de la grande époque architecturale de l’Islam . Lespèlerins qui se rendent à la mosquée d’Ali évitent de passer dans ce village,qu’ils considèrent comme maudit, car là s’élève la mosquée « sans voûtes,sans piliers, presque sans murs aujourd’hui », dans laquelle Ali futfrappé à mort. Cette horreur des pèlerins envers lvoufa explique sa remar-quable salubrité en temps d’épidémie. Ilira, autre grande cité, n’a laisséque des ruines. Aon loin de Kerbela se trouve le bourg d’El-Kadder, l’an-cienne Kadesia, où se livra la bataille qui mil un terme à la monarchie na-tionale des Persans et en lit un peuple mahométan. En 1801, les Walia-bites, au nombre de quinze mille, s’emparèrent de Kerbela , où ils firentun immense butin.

En aval de Babylone, les bords de l’Euphrate , jadis si populeux, ne sontpas complètement abandonnés. La petite ville de Divanieh, où passe une desroules de A’cdjef, borde la rive gauche du lleuve, que longent des rizières;plus bas, au-dessous des marais de Lainloun, où l’Euphrate se ramifie enplusieurs fosses indistinctes qui se perdent dans les roseaux, Sa ma va semontre sur la même rive, à l’embouchure du canal de Chenalîeh, queremontent les barques de pèlerins se rendant à Meched-Ali. Aazrich, en-tourée de rizières, est une ville moderne construite sous la direction d’uningénieur belge, près de la jonction de l’Euphrate et du Clial-el-IIaï ; elleest habitée par des Arabes de la tribu des Montcfik, de. même que Souk-ech-Chiokh ou « Marché des Cheikh », située plus bas, dans le voisinagedes marais. Ce bourg d’Arabes, presque entièrement composé de cabaneson roseaux, cul autrefois une grande importance, comme résidence ducheikh et principal marché de la puissante tribu des Montelîk : d’aprèsWellsled*, jusqu’à 70 000 individus auraient été réunis dans cet endroitsur les bords de l’Euphrate . De là sont exportées des nattes de roseaux etdes laines soyeuses et élastiques, dont on se sert en France pour la fabrica-

1 Léonard Arnaud, Rapport officiel sur la peste en Mésopotomie ; — M.dié, Notes manuscrites.

2 Travels to the City of the Caliphs ; — Cari Ritler, Asien , vol. XI.