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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

L’Asie Mineure ayant dans son ensemble la forme d’un plateau inclinévers le nord-ouest, il est nécessaire que l’écoulement des eaux se fassesurtout dans celte direction ; c’est à la mer Noire , par les bassins des deuxIrmak et du Sakaria, que vont les eaux de plus d’une moitié de l’Anato-lie ; mais il reste encore dans le centre de la Péninsule de vastes dépres-sions fermées où les pluies s’amassent en lacs salés. A une époque anté-rieure, lorsque le climat méditerranéen était plus humide, ces cavités,mieux remplies, déversaient probablement leur trop-plein dans la mer;mais l’assèchement général du sol, l’excès de. l’évaporation sur les apportsont peu à peu opéré la division des anciens lacs d’eau douce en nappessalines.

Le bassin le plus considérable au nord-est de l’Anatolie est celui del’ancien Iris, le Yecliil irmak, qui reçoit presque toutes ses eaux des rami-fications occidentales de l’Anti-Caucase. Le Tosanli-sou, considéré comme larivière maîtresse, à cause de la direction de sa vallée, prend sa sourcedans les vallons du Kôs-dagb, dont le versant méridional donne naissanceau Ivizil irmak, le plus grand fleuve de l’Asie Mineure. 11 coule d’abord àl’ouest, puis se recourbe vers le nord et le nord-est en recevant à Amasial’émissaire d’un lac, le Ladik-gôl, qui est aujourd’hui peu considérable,mais qui occupait une vaste étendue au temps de Strabon . L’ancien Lycus,appelé par les Turcs Kelkit ou Ghermili, est le plus abondant des deuxcours d’eau; il naît beaucoup plus à l’est que le Tosanli, sous le méridiende Trébizonde . En aval de la jonction, le fleuve ne reçoit plus d’affluent ;il traverse en défilé une dernière chaîne de rochers qui barrait jadis soncours, puis, arrivé dans la plaine du littoral, il s’étale en un delta dontles alluvions ont conquis sur la mer plusieurs centaines de kilomètrescarrés. L’eau du Tosanli, légèrement saline en été, est aussi chargée de cal-caire, et les habitants d’Amasia sont obligés de changer fréquemment lesconduites d’arrosage, obstruées par des incrustations. Immédiatement àl’est du Yecliil irmak, coule une rivière, souvent difficile à traverser etbeaucoup plus abondante qu’on ne pourrait s'y attendre d’après la faiblesuperficie du bassin : c’est le Termeh, dont le nom rappelle la désignationgrecque de Thermodon; la haute vallée que parcourt ce torrent était fameusedans l’antiquité par le souvenir des Amazones, dont parlent encore leslégendes locales, l ue des chaînes de rochers que traverse le Termeh secontinue à l’ouest jusqu’au delà de l’Iris sous le nom de Mason-dagh ou« Mont des Amazones ».

Dans l’ensemble de son cours, le Kizîl irmak ou « fleuve Rouge » desTurcs , le Ilalys des anciens, décrit une vaste courbe concentrique au