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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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SAKARIA, LACS SALÉS DU PLATEAU.

rés, mais il est probable qu’en été sa profondeur moyenne ne dépasse pasdeux mètres. Vers le milieu du Touz gôl on voit les traces d’une digue d’en-viron 12' kilomètres, qu’un sultan avait fait construire pour le passage desou armée, et l’eau qui borde ce remblai n’offre en aucun endroit plusd’un mètre d’épaisseur. En réalité, ce lac n’est qu’une immense nappede saumure. Pendant la saison des sécheresses, on ne reconnaît le pour-tour que par les plantes du rivage 1 ; une dalle solide de sel se prolongeà des lieues de distance ; mais il est rare qu’on puisse le visiter, à cause dumanque d’eau et d’approvisionnements. En hiver, l’eau remplit toute lacavité, mais au-dessus s’étend une croûte saline dont l’épaisseur varie de5 centimètres à 2 mètres ; elle acquiert généralement assez de consis-tance pour qu’on puisse la traverser à cheval; on a pu ainsi se rendred’une rive à l’autre comme à travers un lac gelé. Les sauniers qui exploi-tent le lac Salé se bornent à casser la dalle superficielle, que l’eau séparedu fond d’argile bleuâtre, et bientôt le sel se reforme. D’après l’analyse dePhilipps, l’eau du Touz gôl, plus pesante et plus saline que celle de la merMorte , renferme plus de 52 parties de sel sur 100 parties d’eau et son poidsspécifique est de 1,240. A l’est s’élèvent quelques collines, dont la ver-dure fait contraste avec la nappe étincelante de la plaine*.

A l’ouest du Touz gôl, la plaine est parsemée de nombreux étangs, nappessaumâtres, marécages et ruisseaux d’eau salée qui s’évaporent en été pourreprendre leur cours en hiver. Plusieurs diffèrent du Touz gôl par la teneursaline. Ainsi le Boulouk-gôl, non loin du village d’Eskil, renferme sur-tout des sulfates de magnésie et de soude. Los argiles bleuâtres, lits deslacs temporaires, qui s’étendent au sud et à l’ouest dans l’immense bassindes steppes, sont également imprégnées de sels amers magnésiens, sansmélange de chlorure de sodium : la proximité de lacs amers et de lacssalés, provenant de sources qui traversent des couches différentes, est unphénomène assez commun dans les bassins fermés ; sur les bords duBoulouk-gôl, un de ces ruisseaux magnésiens a été reconnu de l’origine àl’embouchure. Le limon imprégné de sel magnésien n’offre pas la soliditéde celui que recouvrent les efflorescences de sel ordinaire ; il se maintientdans un état pâteux qui rend la marche difficile, le terrain cédant à lamoindre pression. Les parties les plus sèches de la steppe sont revêtuesd’une herbe dont les vaches sont très friandes et qui répand une odeur dé-licieuse quand le cheval lés écrase du sabot ; à Konicli on en fabrique une

1 Ainsvvorth, Journal of Ihe Geograpliical Society, 1840.a TchihutclielT, ouvrage cité.