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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
cette région des alluvions nouvelles, la mer n’ait eu qu’une profondeurde 20 mètres, bien inférieure à celle des autres parages dans les golfes del’Asie Mineure, et en donnant une dizaine de mètres d’élévation moyenneaux apports du Méandre , — exhaussés par chaque inondation successive,en proportion de l’allongement du delta, — la quantité totale des terrescharriées pendant ces deux mille trois cents aimées aurait été d’environdix milliards de mètres cubes, soit 500 mètres cubes par jour. Ce n’estpoint là une proportion extraordinaire, puisque la Brouta, dont le régimea été étudié avec le plus grand soin, dépose chaque jour dans la lagunede Chioggia une masse de houe huit fois supérieure, pour un débit quin’égale pas celui du Méandre . Mais il est probable que la masse déposéepar ce fleuve d’Asie dépasse de beaucoup l’épaisseur présumée de 50 mètres,car, d’après Tchihatcheff , le niveau du lac d’Akis-tchaï, incessammentrelevé par le seuil grandissant des alluvions, se trouverait à 20 mètresau-dessus de la mer. Quoi qu’il en soit, le delta du Méandre est un deceux où se trouvent réunis tous les éléments pour étonner par la gran-deur des transformations accomplies : golfes comblés, îles rattachées aucontinent, cités enfouies sous les vases. Du haut des sommets qui dominentla plaine, et notamment des pics du Samsoun-dagh, qui s’élèvent directe-ment au nord du littoral, on voit étalée à ses pieds et en perspective fuyantetoute la région du delta avec les serpentines du Méandre actuel, les innom-brables lits des fausses rivières ou « vieux Méandres » qui s’entrecroisent,les lèvres de l’embouchure qui s’avancent au loin dans la mer, jaunie jus-qu’à l’horizon par les (roubles du fleuve, les courbes régulières des cor-dons littoraux interrompues de distance en distance par les graus despêcheries, et, dans l’intérieur des terres, les dunes concentriques d’an-ciennes plages successivement délaissées par le progrès des alluvions. Uneligne blanche au pied d’un monticule vert indique l’emplacement dePalatia, ce qui reste de la fameuse Milet .
Sur le versant de l’Asie Mineure tourné vers le midi, le premier lac dontle trop-plein s’épanche dans la Méditerranée paraît être, comme l’Akis-tchaï,la moitié d’un golfe fermé par des alluvions récentes et graduellementexhaussé par le seuil qui se formait en aval : c’est le Kodjez-liman, situémaintenant, d’après Tchihatcheff , à 20 mètres au-dessus du niveau de lamer. De même que l’Akis-tchaï, le Ivôdjez-liman, graduellement renouvelépar les rivières, est rempli d’une eau quelque peu saumâtre. Aucuntémoignage historique ne parle de la séparation du liman de Ivodjez d’avecla haute mer; même au temps de Strahon, Caunus occupait une partie duseuil qui limite le lac du côté du sud : il y a donc au moins dix-huit ou