536
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
boisées de l’Anatolie orientale’. Les habitants de l’Asie Mineure emploientaussi des mulets, qu’ils apprécient plus que le cheval comme bête de chargeet comme monture. Des traditions, rapportées par l’Iliade, attribuent à unepeuplade de la Péninsule les premiers élevages de mulets.
Une des espèces les plus caractéristiques de l’Asie Mineure est la cigogne :il est difficile de se représenter un paysage analolien sans voir ces oiseaux,perchés sur un cyprès, ou bien volant, le cou tendu, les pattes allongées.11 est des villages où les familles de cigognes sont plus nombreuses quecelles des hommes; quand la charrue retourne le sillon, c’est par bandesque les échassiers suivent le laboureur pas à pas ; lors des migrations an-nuelles, des quartiers d’été en Asie Mineure aux quartiers d’hiver enEgypte , on en voit parfois jusqu’à vingt-cinq ou trente mille réunis aubord des marais'*. Les cigognes, de même que les corneilles, les pies, leshirondelles, sont de précieux alliés pour le cultivateur quand les nuagesde sauterelles s’abattent sur les campagnes; mais l’oiseau que les indi-gènes accueillent le plus volontiers est le smnnnar (lunlus mucus), merlerose aux ailes noires, qui poursuit la sauterelle avec rage, tuant les in-sectes, non seulement pour s’en nourrir, mais aussi pour le plaisir d’ex-terminer. Un ingénieur français , M. Amat, a vu les habitants d’un villagecamper sous la tente pour laisser les oiseaux de carnage nicher com-modément dans leurs maisons.
Les habitants de l’Asie Mineure so>nt très divers par l’origine. La Pénin-sule, extrémité occidentale de la partie antérieure du continent, était unlieu de convergence naturel pour les tribus guerrières, nomades ou com-merçantes venues du sud de l’Orient et du nord-est. Des peuples sémitiqueshabitèrent les parties méridionales de l’Anatolie et, dans l’intérieur dupays, leur sang, leurs dialectes, leurs noms, semblent avoir prédominéchez des populations nombreuses ; au sud-ouest, ils paraissent s’ètre mé-langés avec des hommes à teint noir, peut-être des Kouchites. Dans lesprovinces orientales, les principaux éléments ethniques étaient apparentésaux Perses, et parlaient des langues qui se rapprochaient du zeiul; d’autresreprésentaient ces immigrants du Aord compris sous le nom de Toura-niens. A l’Occident , des migrations se firent en sens inverse de celles quidescendaient des plateaux de l’Arménie ; des Thraces étaient en rapports
1 Tchiliatcliuff, ouvrage cilé- Van Lenno|j. Bible Lands and Custorns.