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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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TL'RCS ET GRECS EX ASIE MINEURE .

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étoffes et de la sellerie, lui ont été enlevées ; privé de toute participationau commerce maritime et au travail des manufactures, il est repoussé gra-duellement du littoral vers l’intérieur, ramené à la vie nomade d’autrefois ;on ne lui laisse l’agriculture que pour lui faire labourer son propre sol enmercenaire; bientôt il ne lui restera qu’à conduire les caravanes ou àsuivre les troupeaux de pâturage en pâturage. Les Turcs sont presque com-plètement expulsés des îles de la côte ionienne; dans les grandes villes dulittoral, où ils avaient naguère la majorité, ils n’occupent plus que ledeuxième rang. A Sinyrne, la grande cité de leur empire péninsulaire, ilssemblent plutôt tolérés que maîtres; même dans certaines villes de l’in-térieur, l’élément hellénique balance déjà la population turque. Le mou-vement semble irrésistible comme la marée montante et les Osmanlin’en ont pas moins conscience que les Grecs. Depuis longtemps le cri« Hors d’Europe ! » a été poussé non seulement contre les gouvernantsosmanli, mais aussi contre la masse de la nation turque, et l’on sait quele vœu cruel est en grande partie réalisé : c’est par centaines de mille quese sont réfugiés en Asie Mineure les émigrants de la Thessalie grecque, dela Macédoine, de la Tlirace, de la Bulgarie , et ces fugitifs ne sont qu’unreste des malheureux qui ont dû quitter les demeures paternelles; l’exodecontinue et ne cessera point sans doute que toute la basse Iloumélie nesoit devenue européenne de langue, de mœurs et de coutumes. Mais voicique les Turcs sont menacés même en Asie . Un nouveau cri s’élève : « Dansles steppes ! » et l’on se demande avec effroi si cette parole doit se réali-ser aussi. jN’y a-t-il point de conciliation possible entre les races en lutte etfaut-il que l’unité de civilisation s’obtienne par le sacrifice de populationsentières, et précisément de celles qui se distinguent par les plus liantesqualités morales, la droiture, la dignité, le courage, la tolérance!

Les Grecs, ces fils de rayas opprimés qui se considèrent déjà commeles maîtres futurs de la Péninsule, sont très probablement en grandemajorité les descendants des Ioniens et autres Grecs du littoral ; cepen-dant ils ne sauraient, pris en masse, prétendre à la pureté du sang. Lespopulations de race diverse qui entrèrent dans le cercle d’attraction despetits États grecs et celles qui, plus tard, s’hellénisèrent sous l’influencebyzantine, ont laissé leur descendance mêlée à celle des anciens Grecs, etla fusion a été complète. Le signe distinctif de la nationalité grecque, tellequ’elle se constitue en Asie Mineure, n’est ni la race, ni même la langue,mais la religion dans scs formes extérieures; les limites de la nationque l’on peut évaluer à un million d’hommes, se confondent avec celles descommunautés orthodoxes. De même que dans l’île de Chio et dans la près-