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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

nombre seulement de ces arbres ont échappé à la maladie, qui fit périren même temps tous les orangers de Samos . Des ruines romaines serencontrent presque à chaque pas. fies restes de Nysa la grecque sevoient sur une colline, au-dessus de Sullan-hissar.

Aïdin Guzel llissar ou le « Beau Château d’Aïdin », la grande cité de larégion du Méandre, donne son nom au vilayet dont Smyrne est lacapitale. Longue de plusieurs kilomètres, elle s'étend à la hase et surles pentes de collines d’un conglomérat rougeâtre couronnées de quel-ques villas; les maisons peintes, jaunes, vertes ou bleues, couvertes detuiles dont le rouge a disparu sous la mousse, s’élèvent en amphithéâtresur les escarpements; des coupoles, des minarets, des groupes de cyprèsdominent le dédale des constructions basses; une vallée profonde s’ouvreau milieu de la ville entre deux promontoires, et sur les bords du ruisseaud’Aïdin-tchaï se penchent les platanes, abritant des cafés sous leur vasteramure; d’abondantes sources minérales jaillissent dans les environs.Aïdin, ainsi nommée de l’émir indépendant qui s’empara de la valléedu Méandre après le passage des Mongols, est peuplée surtout d’Otlo-mans; mais les Grecs augmentent, en nombre, en richesse et en influence,grâce à leur initiative, à leurs voyages, et surtout à leurs écoles, car s’ilsne forment qu’un cinquième de la population, ils ont la moitié des éco-liers. Les Arméniens, dont le quartier, situé sur la pente de la colline,avoisine celui des Grecs, rivalisent avec eux pour les opérations de com-merce, et moins redoutés par les Turcs que les entreprenants Hellènes,fournissent à l’administration turque presque tous ses employés. Les Juifsespagnols, qui vivent dans le faubourg inférieur, près de la gare, sonttous commissionnaires, changeurs, prêteurs sur gages ou comptables 1 .C’est à l’endroit même où finit Aïdin, c’est-à-dire au rebord de la collinedominant à l’ouest la gorge de l’Aïdin-tcliaï, que commençait jadis lacité de Trafics. La terrasse qui la portait; parfaitement limitée par desescarpements et rattachée aux montagnes par un isthme de défense facile,constituait une forteresse naturelle de 2 à 5 kilomètres carrés, que desmurailles rendaient presque inexpugnable 2 . La ville grecque fut somptueuseet riche en beaux édifices; mais ceux-ci étaient presque tous construits enbriques, et depuis des siècles les habitants d’Aïdin n’ont pas d’autre car-rière; des ouvriers fouillent toujours le sol pour en retirer les briquesanciennes, les seules dont on puisse se servir pour la construction des

1 Population il’Aïdin en 1883 : 25 000 Turcs ; 6300 Grecs; 1800 Juifs; 1000 Arméniens

2 Olivier Rayet et Albert Thomas, Mili-t et le golfe Latmique.