Band 
Livre IX. L'Asie Antérieure.
Seite
653
JPEG-Download
 

KOMEII, K ARA MAX, NIGDEII, AXAMOUR.

653

À l’ouest de Konicli, les rares agglomérations de maisons ou de cabanesauxquelles on donne le nom de villes se succèdent à la base septentrionaledu Taurus, là où les ruisseaux d’eau pure descendus des montagnes nesont pas encore taris et où, pendant la saison des fièvres, les indigènessont à proximité des hauts pâturages pour les migrations annuelles.Karaman, jadis capitale de la province de Ivaramanie, se trouve déjàpresque au cœur des monts, à 1900 mètres d’altitude. Kregli n’a guéri 1[dus de 1000 mètres, mais ses maisons se groupent sur une colline au-dessus de la région marécageuse . Kara bounar ou « Noire Fontaine » estcomplètement abandonnée pendant l’été; ses habitants quittent leursexploitations de sel et de salpêtre dans les dépressions lacustres pour serendre dans les ya'ila du Karadja-dagh. Enfin, Nigdeli, à l’extrémité orien-tale du bassin, est à 1500 mètres environ, au pied des contreforts del’Ala dagh. Non loin, le village de Kiz-lussar, « Château de la Fille », ouIvilisi-hissar, « Château de l’Eglise », s’élève sur la «chaussée de Sémira-mis » où avait été bâtie l’ancienne Tyanc, patrie du magicien Apollonius .L’explorateur llamillon a pu identifier la position de Tyanc par la décou-verte de la fontaine jaillissante que les auteurs décrivent sous le nomd’Asmabæus. Cette source, consacrée à Jupiter, forme un étang d’eau froide,saumâtre, légèrement sulfureuse, dont le bouillon central s’élève d’environ50 centimètres au-dessus de la surface, sans que jamais le bassin déborde:évidemment ce réservoir offre la même disposition que celle de nos jetsd’eau ; le liquide s’élance par une ouverture centrale et fuit par une fissuredu fond. La route commerciale et militaire suivie de tout temps d’Jeoniumà Tyanc s'infléchit en demi-cercle pour longer la base des montagnes parLaranda et Cybislra, c’est-à-dire par Karaman et Eregli; plus au nord, lesmarécages salins, le manque d'approvisionnements et d’eau pure rendentle voyage trop pénible pour qu’un nombre d'hommes considérable puisses’y aventurer. Ainsi les contours du rivage et les crêtes parallèles des mon-tagnes côtières se reproduisent exactement par la courbe de la grande routemaîLressc sur les hauts plateaux. Dans cette région, le voyageur anglais Davis a récemment découvert des inscriptions hittites .

Séparés de l’Anatolie intérieure par de liantes montagnes, les rivages dela Cilicie Trachée n’ont que de petits havres, moins actifs que les portsd’autrefois, qu’alimentait alors le commerce de la populeuse Cypre. Alaya,l’ancien Corakesion, est un village blotti au pied d’une roche insulairequ’un isthme de sable rattache au continent; Selinli, laSclinos des Grecs,n’est qu’un hameau ; Anemourion, sur le promontoire le plus méridionalde l’Asie Mineure, n’est plus qu’une vaste nécropole et la bourgade d’Ana-