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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGKAPHIE UNIVERSELLE.

désignées par les tribus des cn\irons sous le nom d’el Dalad ou « la Tille »par excellence. L’arbre à encens, l’aloès, le sang-dragon croissent en abon-dance dans les montagnes voisines ; mais leurs produits, jadis si recher-chés, ont perdu de leur prix, et le commerce s’est détourné de ces parages.Les petits villages de la côte entre Sour et Mirbat ne sont habités que pardes pêcheurs, dont la plupart n’ont pas même d’embarcations. Les vingtinsulaires d’Hullaniyah n’ont que des lignes et des paniers 1 . Les Djennabise hasardent sur des branchages tressés que soutiennent des outres gonflées :ce sont des kcllek pareils à ceux des riverains du Tigre et de l'Euphrate .

Le mouvement des échanges s’est reporté plus à l’ouest devant les côtesdu Mahrali et de lTIadramaout, au delà du formidable promontoire, leRas Fartak. Chebr ou la « Tille », située au bord de l’Océan, est presquedéserte, mais à l’intérieur s’est fondé le marché considérable de Souk-el-Bazir, ville très animée, quoique dépourvue de port; les marins in-trépides du Mahrali possèdent une soixantaine de bâtiments d’un faibletonnage qui partent au premier souffle de la mousson du nord et trafiquentle long des rives ; avant le milieu du siècle, ces boutres servaient prin-cipalement à l’importation des esclaves. A l’ouest de Chchr, Makalla,située au bord d’une crique profonde et bien abritée, n’est dépassée enmouvement commercial que par la ville anglaise d’Aden ; dominée pardes escarpements rougeâtres et par une paroi d’un calcaire éblouissant,se dressant à 400 mètres de hauteur, elle regarde la côte des Somali par-dessus le golfe d’Aden, et c’est, en effet, avec le continent africain quese fait principalement son trafic : des Somali, des Abyssins, des nègres,des gens de Zanzibar habitent ses faubourgs, ainsi que des Hindous;gommes, cuirs,]séné, sésame, encens, tabac, ailerons de requins, tels sontles principaux objets d’exportation de la cité. Makalla sert de marchémaritime à de très riches vallées, où, d’après de ATrede, le seul voyageurqui les ail parcourues jusqu'à nos jours, les villes seraient plus nom-breuses qu’en toute autre partie de la Péninsule : c’est par dizaines qu’ony compterait les agglomérations de six mille habitants ou davantage; encertaines vallées, les jardins et les rues se suivraient en une ligne con-tinue pendant des journées de marche. Même en ajoutant aux habitantsdes bourgs ceux de la banlieue et de toutes les campagnes qui leur appar-tiennent, on s’étonne de la densité extraordinaire qu’aurait, d’après cevoyageur, la population de l’iladramaout : on pourrait la comparer à cellede l’Europe occidentale. Terhn, l’une des capitales du pays, est située à

* ltiilton, Journal of the Geocjraphicil Society. 1841.